Institut Français d'Archéologie Orientale <al-Qāhira> [Editor]; Mission Archéologique Française <al-Qāhira> [Editor]
Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes: pour servir de bullletin à la Mission Française du Caire — 21.1899

Page: 201
DOI issue: DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/rectrav1899/0212
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
LE PÈRE DE THOUTMÈS III

PAR

Édouard Naville

De qui Thoutmès III était-il fils? Cette question, qui, il y a quelques années,



2 AA/WVS r\

]>
m



était fi

quelques égyptologues hésitent encore à admettre le renseignement si clair qui nous
est fourni par cette inscription. Dernièrement, M. Lieblein1 a proposé une interpré-
tation de ce texte, d'après laquelle Thoutmès III serait le fils do Thoutmès Ier, comme
le croyait Hincks, et comme, à sa suite, l'ont cru Lepsius, E. cle Rougé et Mariette. Ce
qui, pour M. Lieblein, est la preuve la plus concluante de l'exactitude de sa traduc-
tion, et de l'ancienne opinion, c'est la statue d'Anebni au British Muséum, qui,
« formellement et sans équivoque, nous apprend que Thoutmès III était le frère de
Hatschepsou ».

Le document capital dans cette question me semble être l'inscription d'Anna2,
c'est pourquoi je voudrais en reprendre l'analyse, car, en serrant le texte de près, nous
y trouvons l'explication de plusieurs des difficultés que l'on a vues dans la série des
événements de cette époque, difficultés qui se résolvent d'elles-mêmes si l'on suit les
règles élémentaires de la grammaire, et si l'on donne aux mots leur sens habituel et
vrai3.

Comme l'a fort bien fait ressortir M. Maspero7', l'inscription d'Anna est détaillée,
c'est la biographie d'un homme qui a été en rapports constants avec le souverain et sa
famille. On ne peut donc pas supposer qu'il fasse erreur quand il s'agit de la parenté
de ceux qui ont été ses bienfaiteurs, et dont il se plaît h décrire les bontés à son
égard. En outre, cette inscription n'est pas un document officiel gravé sur les murs
d'un temple; c'est une biographie écrite dans un tombeau. Il est clair qu'un document
de cette nature a une tout autre valeur, et nous inspire plus de confiance que la dédicace
d'une statue, où il fallait être bref et où l'on ne pouvait entrer clans les détails.

M. Lieblein fait remarquer que le seul roi nommé est Thoutmès II, et que les autres
ne sont indiqués que par des indices plus ou moins certains. M. Lieblein me paraît n'avoir
vu l'inscription que dans la publication du Recueil. Le fac-similé publié par M. Boussac
nous montre ce qu'il restait de l'inscription lorsqu'elle a été découverte. Les lignes
retrouvées ne commencent qu'au second tiers de la stèle, et, pour les cinq premières,
il en manque plus de la moitié. Les noms des rois ont disparu avec le texte; en parti-

1. Proceedings, vol. XX, p. 93.

2. Recueil de Travaux, t. XII, p. 106; Mission arch. au Caire, vol. XVIII.

3. Par exemple, si l'on se rappelle que le mot veut dire fils, et non pas frère aîné, prédécesseur.

4. Proceedings, vol. XIV, p. 170 et suiv.

RECUEIL, XXI. — NOUV. SÉR., V. 26
loading ...