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L' art: revue hebdomadaire illustrée — 16.1890 (Teil 2)

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https://doi.org/10.11588/diglit.25870#0041

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COURS

DE

LITTÉRATURE MUSICALE DES OEUVRES POUR LE PIANO

AU CONSERVATOIRE DE SAINT-PÉTERSBOURG1

(fin)

X

Chopin (1809-1849). — La personnalité de Chopin est
remarquable sous tous les rapports. Il est Polonais et sa
musique est purement subjective; mais l’objet de sa mu-
sique, c’est la nation polonaise tout entière. Maladif,
phtisique, d’une nature fine et poétique, il aimait à se
tenir à l’écart de la
foule, entouré seule-
ment d’un groupe
d’admirateurs et sur-
tout d’admiratrices.

Tout ce qu’il a écrit
est typique, et c’est
peut-être là le trait
le plus saillant de
son talent. Il a des
imitateurs jusqu’à ce
jour, et quiconque a
écrit après lui des
Etudes, des Ballades,
des Nocturnes, est
inévitablement
tombé dans le genre
Chopin. « Je vous
en jouerai le plus
possible, dit M. Ru-
binstein, car jamais
on ne pourra assez
aimer Chopin. » La
qualité rare qu’il
avait d’apprécier ses
propres capacités à
leur juste mesure
l’empêcha de jamais
sortir du cadre de la
musique du piano.

Presque tous les compositeurs ont écrit des opéras, des
symphonies, des quatuors. Seul, Chopin s’est contenté de
la musique de piano, à quelques rares exceptions près ;
telles qu’une sonate pour violoncelle, écrite en mémoire
de son ami Franchomme, — un trio, œuvre de sa jeu-

1. Voir l’Art, i5e année, tome Ier, pages 46 et i3i, et tome II,
pages 37 et 63, et 16e année, tome Ier, page 142.

nesse, à laquelle il n'attachait pas trop d’importance,
— et seize romances sur texte polonais. Chopin est le
génie du piano, et chaque note écrite par lui nous est
chère. Ses premières œuvres, quoique inférieures aux
suivantes, et n’offrant pas tout l’intérêt auquel on s’attend
après les complications harmoniques et rythmiques de
Schumann, contiennent déjà, néanmoins, les premières

lueurs des futurs
ravons de son génie.

L'Op. 1, un Ron-
do, œuvre relative-
ment faible, présente
cependant des côtés
dignes d’attention au
point de vue de l’ori-
ginalité delà mélodie
et de la technique du
piano. Chez les au-
tres compositeurs,
on trouve un emploi
du piano plein d’in-
térêt et excellent ;
mais Chopin tire un
parti exceptionnel de
la sonorité de l’ins-
trument ; on peut
dire de Chopin qu’il
est l’âme du piano.
— Op. 2. Les Varia-
tions sur La ci darem
la mano n’étant en
quelque sorte qu’un
tribut à la mode et
n’offrant rien d’indi-
viduel, furent omises
par M. Rubinstein.
— Dans l’Op. 5,
Rondeau à la ma^ur, commence à se révéler déjà le carac-
tère propre de Chopin ; mais on y ressent cependant Lin-
fluence de l’époque, et les passages qui s’y trouvent sem-
blent étrangers à l’œuvre. La nature de Chopin se dévoile
complètement dans son tout premier Nocturne. (Op. 9.
Trois Nocturnes, dédiés à Mme Pleyel, qui partageait alors
avec Clara Wieck la première place parmi les pianistes.)

Frédéric Chopin.
 
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