L' art: revue hebdomadaire illustrée — 16.1890 (Teil 2)

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L’ART.

sivement dispersées. Ce sont, en Hollande : celles du poète Feitama, de Ploos van Amstel,
Yerstolk van Soelen, Goll de Frankenstein, Leembruggen, de Vos, de Kat et Vis Brockhuysen ;
en Angleterre, celles de J. Reynolds, sir Th. Lawrence, S. Woodburn, W. Esdaile, Payne-
Knight, J. Richardson et lord Aylesford ; en France, celles de Crozat, de Julienne, Claussin,
Paignon-Dijonval, et de MM. Galichon, Firmin-Didot et Armand. Aujourd’hui, les collections de
dessins de Rembrandt les plus nombreuses et les plus choisies sont celles de MM. Mitchell,
Malcolm, Holford, Heseltine et G. Salting, à Londres, et celle du duc de Devonshire, à Ghats-
worth ; celles du Dr Strœter, à Aix-la-Chapelle, et de M. von Beckerath, à Berlin; enfin, en
France, celles du duc d’Aumale et de M. L. Bonnat, une des plus importantes qui existent de
notre temps.

Dès le siècle dernier, afin de donner satisfaction aux admirateurs du talent de Rembrandt
et de faire connaître ses oeuvres, des graveurs avaient essayé de reproduire en fac-similés
quelques-uns de ses dessins ou du moins de ceux qui lui étaient alors attribués. Mais la critique
d’art était à ce moment fort rudimentaire et, la vanité ou l'intérêt des possesseurs aidant, bien
des pièces plus que douteuses se glissèrent parmi ces reproductions. Telle est notamment la série
des dix compositions relatives à l’histoire de Joseph, qui appartient au Louvre et qu’a gravées
le comte de Caylus, série qu’en raison des analogies formelles de l’exécution nous croyons, avec
de bons juges, devoir restituer à Art de Gelder. Dans un recueil de reproductions pareilles,
commencé en 1760 par Cornelis Ploos van Amstel et continué après sa mort (1800) par C. Josi1,
à part le beau dessin des Disciples d’Emmaüs, les autres sont d’une authenticité tout à fait
suspecte. Ces diverses tentatives de reproduction ne brillent pas non plus par une exactitude
bien scrupuleuse et n’offrent trop souvent avec les originaux qu’une assez vague ressemblance.
Il était réservé à la photographie de nous fournir des imitations d’une fidélité absolue et indis-
cutable. MM. Braun les premiers sont entrés dans cette voie en nous faisant connaître les
dessins les plus remarquables qui figurent dans les principales collections de l’Europe ou qui ont
été mis sous les yeux du public dans diverses expositions, telles que celle de l’Ecole des Beaux-
Arts en 187g. Cependant, tandis que l’œuvre gravé de Rembrandt suscitait presque simulta-
nément un grand nombre de publications, ses dessins jusqu’à ces derniers temps n’avaient été
l’objet d’aucun travail spécial. Le savant et actif directeur du Cabinet de Berlin, M. Lippmann,
s’est proposé de combler cette lacune. Avec le concours des conservateurs des grandes collections
publiques, des amateurs ou des critiques qui se sont plus particulièrement occupés du maître, il
a entrepris de donner sur ce point satisfaction aux admirateurs toujours plus nombreux et plus
fervents que Rembrandt compte à notre époque. Des quatre livraisons qui doivent composer
l’ouvrage, deux ont déjà paru. Elles contiennent chacune cinquante héliogravures, fac-similés de
dessins faisant partie des Musées de Berlin ou de Dresde et des collections de M. Heseltine,
du duc de Devonshire et du prince George de Saxe. Pour un prix relativement modique, ces
reproductions sont excellentes et constituent un élément d’information aussi sur que précieux
pour quiconque veut étudier Rembrandt. Peut-être, puisqu'il faut se borner, aurait-on pu éliminer
de la première livraison quelques pièces assez insignifiantes ; mais le choix des copies que
renferme la seconde est irréprochable et la suite, jusqu’ici inédite, des paysages appartenant au
duc de Devonshire nous montre le maître sous un jour nouveau. Les deux dernières livraisons
comprendront des fac-similés de dessins empruntés au British Muséum, au Louvre et à la collection
de M. Bonnat. Outre la table des planches, un catalogue général donnera les indications dési-
rables sur la provenance de ces divers dessins et sur l'emploi que l’artiste a pu en faire dans
ses tableaux ou ses gravures. Enfin, suivant l'accueil fait à cette première série, l’ouvrage pourra
être continué, et les exigences des éditeurs à ce propos sont des plus modestes puisqu’ils désirent
simplement rentrer dans leurs frais. Il nous paraît, en tout cas, désirable que cette continuation
puisse s’étendre à des choix judicieux faits dans des collections peu abordables et peu connues.
Entre toutes, celle de Stockholm est désignée à l'attention de M. Lippmann. Le noyau de cette
collection provient d’achats faits par le comte Gustave de Tessin, ambassadeur de Suède en

1. Collection d’imitations de dessins d’après les principaux maîtres hollandais ou flamands, C. Josi, Londres, 1821.
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