L' art: revue hebdomadaire illustrée — 16.1890 (Teil 2)

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LA CRISE DE L'ARCHITECTURE ET L’AVÈNEMENT DU FER.

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Cela, l’architecte, qui a tant à recevoir de l’ingénieur
sur une foule d’autres points, pourra seul le lui apporter.

On se regarde un peu à la manière des chiens de
faïence entre architectes et ingénieurs, mais la force des
choses amènera un rapprochement. Le besoin que l’on
aura l’un de l’autre imposera la réconciliation et les rivaux
d’aujourd’hui seront les collaborateurs de demain. Le
Champ de Mars nous offre déjà un premier et magnifique
échantillon de ce que peut la mise en commun de con-
naissances si différentes. Le cas ne restera pas isolé. Le

NOTRE BIB

DLVI

Notice sur Jules Van Praet, membre de l’Académie, par
Alph. Wauters, Archiviste de la ville de Bruxelles,
membre de l’Académie royale des Sciences, des Lettres
et des Beaux-Arts de Belgique. Extrait de Y Annuaire de
l’Académie royale de Belgique, cinquante-sixième
année, 1890. Bruxelles, F. Hayez, Imprimeur de l’Aca-
démie, rue de Louvain, 108.

Je porte à M. Alphonse Wauters une reconnaissance
profonde et pour avoir écrit cette excellence notice et
pour m’avoir fait l’honneur de me l’envoyer. M. Van
Praet y revit tout entier. J’étais bien jeune lorsque le cher
conseiller de mon adolescence, mon vénéré grand-père
qui le voyait fréquemment, me présenta à l’éminent mi-
nistre de la maison du Roi. C’était à Spa. Je fus fort inti-
midé. Jamais je n’ai oublié l’extrême bonne grâce que
M. Van Praet daigna immédiatement prodiguer afin de
mettre à l’aise celui qui était à peine un peu plus qu’un
enfant. Tout me souriait alors dans la vie; j’étais bien
loin de me douter des épreuves qu’elle me réservait. Ce
fut lorsqu’elles survinrent que j’appris à apprécier com-
plètement M. Van Praet; je n’ai point de mots pour dire
toute la constante bienveillance que j’ai rencontrée en lui
chaque fois que je me suis rendu en Belgique, tous les

succès est trop éclatant pour que l’exemple ne soit pas
suivi. De ces collaborations du goût et des mathématiques,
du scrupule du beau et de l’audace de l’industrie, naîtra
un art nouveau, original, à l’image de notre époque et
semblable à ce fils symbolique d’Hélène et de Faust, à cet
Euphorion qui réunissait en lui l’esprit des temps anciens
et celui des temps modernes : l’enthousiasme pour le
beau et le besoin d’activité.

Ed. Champury.

(A suivre.)


LIOTHÈQ_UE

excellents conseils qu’il m’a donnés, tout l’appui moral
dont il m’a toujours honoré.

J’ai lu les yeux humides les pages de M. Alphonse
Wauters et je l’en remercie de tout cœur. Pour tous ceux
qui ont connu M. Jules Van Praet, il l’a fait revivre dans
ces quelques lignes : « A la gravité, à la taciturnité, à
l’esprit de modération que l’on remarque souvent chez
ses compatriotes, il sut toujours allier cette distinction,
cette grâce, qui sont comme des qualités innées chez nos
voisins du Midi. »

Nul n’a rendu de plus constants services à son pays,
nul n’en a été avec plus de modestie et d’inaltérable
dévouement le vigilant serviteur, nul n’a plus délicate-
ment, plus silencieusement fait le bien. Ce politique, ce
diplomate si habile qui fut toujours la droiture même, a
honoré les lettres par ses rares mérites d’historien et,
demandant à son amour éclairé de l’art la seule diversion
qu’il se permit à la gravité de ses incessantes occupations,
il ajouta encore au renom de sa patrie par la célébrité si
légitime qu’acquit promptement un cabinet de tableaux
uniquement formé, avec le goût le plus inattaquable,
d’œuvres magistrales, la plupart de l’Ecole française.

M. Jules Van Praet fut une de ces natures d’élite à qui
rien de ce qui touche à la dignité, à l’élévation morale de
l’humanité ne demeura étranger.

Ce patriote accompli, ce citoyen illustre fut un grand
homme de bien. L. Gauchez.
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