Société de l'Histoire de l'Art Français [Editor]
Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français — 1910

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des objets par le relief, le dessin, la couleur, qui « appar-
tiennent bien plus à la peinture que l’autre vérité qui lui
est étrangère ». Car il est facile de se conformer à l’his-
toire, dit-il, mais « il faut un génie rare et extraordinaire...
pour satisfaire à tout ce que requiert la vérité naturelle ».
Et pourtant, ajoute-t-il, c’est toujours sur l’observation
du premier genre de vérité que l’on juge les tableaux (ce
n’est pas absolument exact).

Il sépare fort bien l’inspiration créatrice de la pure
science abstraite. « On ne remarque point que ceux qui
ont inventé ou perfectionné les arts ayent jamais excellé
en autre chose qu’en la fécondité du génie, qui peut rendre
par exemple un musicien capable de composer les plus
beaux chants et la plus agréable harmonie... » sans avoir
la connaissance des lois qui régissent la production des
sons et leur nature h

Sur d’autres points, ses idées se précisent et prennent
quelque chose de subversif. Seulement, au moment de le
citer assez longuement, nous prévenons que Perrault n’est
pas un écrivain, on s’en apercevra de reste. Il a le style
effroyablement diffus, obscur et rocailleux. Boileau aurait
eu beau jeu à dire de lui : « Maudit soit l’âpre auteur! »
Peu nous importe, nous ne nous intéressons qu’à sa
pensée.

En architecture, il n’est pas dupe des proportions,
qu’on s’efforcait alors de ramener à des lois irréduc-
tibles et qui constituaient le fond des théories clas-
siques, le rite par excellence du culte italo-antique. Il voit
fort bien que chaque théoricien a les siennes, qui ne cor-
respondent ni à celles des autres, ni aux exemples tirés
des monuments antiques.

« Cette expression de Vitruve (parlant des règles éta-
blies pour les proportions d’après une sorte de loi natu-
relle) semble favoriser l’opinion de la plus grande par-
tie des architectes, qui croyent que les proportions des
membres de l’architecture sont quelque chose de natu-
rel, telles que sont les proportions des grandeurs, par
exemple, des astres, à l’égard les uns des autres, ou
des parties du corps humain. Pour moy, j’ay traduit i.

i. Les Dix livres..., p. 228, n. 5.
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