Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 1.1859

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

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fleunst, quondam hujus urbis senaforis ac scabini, partim Carolo II. Britannia-
rum Régi a Potentissimis Hollandix JFesfrisiœque ordinibus dono missœ surit.
Amstelodami, grand in-folio.

Les planches sont au nombre de 33, d'après 32 tableaux, la sainte Vierge d'après
Raphaël ayant été gravée deux fois.

Nous avons dit plus haut que les plus beaux morceaux du cabinet de Reynst furent
offerts à Charles II par les états de Hollande.

Lempereur, échevin de la ville de Paris et célèbre joaillier, avait dans son
hôtel de la cour de Lamoignon, un fort beau musée de tableaux, gouaches,
pastels, dessins, estampes et sculptures, le tout provenant des collections les plus
connues. On y remarquait une sainte famille du Milanais Gaudenzio Ferrari, dont les
ouvrages sont très-rares en France, une grande marine de Teniers, qui a été gravée
par Le Bas, deux peintures capitales de Wouvermans, qui avaient appartenu à la
comtesse de Verue, et qui sont connues par les estampes qu'en a gravées Moyreau,
sous les titres de Fêtes et adieux des chasseurs et Y Arrivée des chasseurs, et un
morceau de Gérard Dow, merveilleusement gravé par Wille, sous le nom de la Ména-
gère hollandaise.

La vente eut lieu à Paris, en mai 1773; les dessins produisirent 31,959 livres
10 sols. Les tableaux dont nous venons de parler furent adjugés, le premier à
1,000 livres, le second à 2,550; les deux Wouvermans, à 7,400 livres, et le Gérard
Dow à 3,099 livres, '19 sols.

Prosper Henri Lankrinck, né vers 1628, vint jeune en Angleterre et y fut
employé par sir Peter Lely, à peindre les fonds de ses tableaux. Il avait des
curiosités de toute sorte et il en acheta beaucoup à la vente de son maître; ne pouvant
les payer, il emprunta de l'argent à un de ses protecteurs M. Austen, qui pour le recou-
vrer fut obligé de vendre la collection de Lankrinck après la mort de celui-ci, en 1692.

rfj^s Sir Jacob Astley posait sa marque sur les figures mêmes de ses estampes. Il
y eut plusieurs collecteurs dans cette famille, mais le monogramme ne fut pas
changé. Le cabinet de sir Jacob fut en partie vendu en 1760.

Dans le Print Collector de Maberly, cette marque est indiquée comme
étant celle d'un amateur du nom de « Thomas Banks. » Je crois plutôt qu'il
est question de Joseph Banks, car l'illustre savant, qui fut le compagnon de
Gook dans un de ses voyages autour du monde, avait réuni de nombreuses collections,
qui ont été laissées par lui au British-Museum, en 1820.

cj^ç Thomas Hudson, beau-frère du précédent, peignait les tentures et autres
accessoires dans les portraits de Richard son, le père. 11 avait de fort belles col-
lections qui étaient réunies dans sa villa de Twickenham, et qui furent vendues après
sa mort.

John Talman, fils de William Talman, architecte anglais, qui avait donné
les dessins de Chatsworth, résidence des ducs de Devonshire, était lui-même
un artiste de talent. Il vécut beaucoup en Italie, y amassa un grand nombre
de curiosités de toute sorte et y fit quantité de dessins d'architecture et de paysages
fort curieux cl fort estimés. La Société des antiquaires de Londres en possède quel-
ques-uns. A. W V AT T.
[La suite prochainement.)
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