Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 22.1899

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LES SALONS DE 1899

(cinquième article1)

PEINTURE

IX. - LES ÉPISODES

et article-ci, des Episodes} doit être fort
court, et tant mieux.

J’ai toujours pensé que ce n’est
pas l’affaire des peintres de narrer des
histoires : ils s’intéressent trop peu au
monde réel, s’ils consentent à n’y cher-
cher que le décor et les personnages
d’une aventure. Ils ont à contempler
d’ahord et à comprendre : fabriquer un
scénario ne peut que les en détourner.
Au reste, leur art même, qui fixe et immobilise, répugne à repré-
senter telle action particulière qui se déploie dans le temps ; qu’ils
laissent donc cela aux écrivains. L'action est le domaine propre de
ceux-ci, tandis que les sculpteurs et les peintres doivent s’attacher
à T être, et pieusement nous le dévoiler. Or nos contemporains sem-
blent l’avoir enfin compris. Le Salon de cette année est presque
entièrement purgé de peintures d’histoire ou d’anecdote. Le « sujet
de prix de Rome « ne sévit plus que faiblement. Et, plus que le grand
nombre d’œuvres personnelles et senties, ce renoncement aux froides
puérilités est d’un bon augure. C’est signe que la notion même de
l’art s’est approfondie.

1. V. Gazette des Beaux-Arts, 3e pér., t. XXI, p. 74, 158 et 340 et t. XXII, p. 82.
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