Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 22.1899

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CORRESPONDANCE DE BELGIQUE

a Belgique compte un musée nouveau, non
des moindres, projeté depuis longtemps,
mais dont les circonstances avaient retardé
l’ouverture : celui de la Bibliothèque royale.

On n’ignore pas que, par le nombre et
la valeur de ses manuscrits, cet établisse-
ment compte parmi les plus importants de
l’Europe. Très connu des travailleurs du
monde entier, il l’est moins du public, chose
d’ailleurs naturelle, la paléographie et tout
ce qui en dépend pouvant être envisagé comme une sorte de grimoire, dont le
déchiffrement ne saurait être le fait que d’un groupe encore restreint d’initiés.
Mais l’exposition dont il s’agit n’offre pas seulement des documents historiques,
elle compte aussi de véritables œuvres d’art. L’ensemble des manuscrits à minia-
tures actuellement exposés dans les vitrines de la Bibliothèque royale constitue
donc un véritable musée, où nous sommes en présence d’œuvres de peinture
fort importantes, revêtant sans doute une forme spéciale, mais se rattachant
par des liens si direcLs et si nombreux aux productions picturales du moyen âge,
qu’il en ressort un enseignement de grande portée pour quiconque s’occupe
de l’étude des travaux de la primitive école flamande. Songeons, en effet, que les
précieux manuscrits réunis dans celte riche collection ont, pour la plupart,
passé, dès le moyen âge, pour de véritables joyaux, qu’ils ont été créés pour
ces mêmes princes, pour ces mêmes seigneurs que l’histoire nous montre prodi-
guant leurs faveurs aux plus illustres des peintres et leur faisant la commande
de quelques-unes des pages les plus précieuses qui soient. Le nom de Biblio-
thèque de Bourgogne, donné jadis à ce qui constitue, depuis 1836, la section des
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