Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 22.1899

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CLAUDE H0IN

Il y a cinquante ans, alors que l'art du xvme siècle
se relevait à peine d'un discrédit immérité, les grands
noms seuls de la peinture triomphaient de l’indifférence
générale : Watteau dont on avait retrouvé, dans les
greniers du Louvre cette merveille d’harmonie, L3Em-
barquement pour Cylhère, François Boucher avec scs
tableaux aux tons argentins, Greuze cl sa Cruche cassée,
Nattier ou Mmc Vigée-Lebrun, grâce à leurs portraits de
jolies femmes. Quant aux maîtres de second rang, ils
étaient tombés dans un oubli profond. Qui s’occupait
alors de Baudouin, des trois Saint-Aubin, de Portail
ou du chevalier de Lespinasse? Il a fallu le culte voué
par Mahérault à son ancien maître Moreau le jeune,
pour avoir l’idée de réunir tant d’œuvres de ce dessi-
nateur impeccable, ou la persévérance d’un Walferdin
pour remettre en lumière ce maître spirituel et char-
mant entre tous, Honoré Fragonard. La prescience des
Marcillc n’a pas été inutile à Chardin comme à Pru-
d hon ; on doit beaucoup aussi à l’éclectique Lacaze,


XXII . — 3e PÉRIODE.

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