Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 22.1899

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS

Jusqu’à la fin, Chardin resta fidèle aux sujets simples et à la
vision de la nature dépouillée de toute convention qu'il avait, dès
l’abord, adoptés. Lajoie d’imiter avec bonheur lui suffisait ; toucher
juste était la fin de ses plus hautes ambitions. Pour les esprits de
cette trempe, qui cherchent partout, avec un infaillible instinct, la
beauté parfaite du vrai, la seule étude des actes les plus ordinaires
de la vie, les gestes les plus discrets sont matière à séductions
infinies, à intarissables contentements. Un enfant apprenant à dire
les Grâces avant le souper, un garçonnet qui bâtit son château de
cartes, s’animent, sous le pinceau de Chardin, de tout le ressort de
la vie humaine. Les complications sentimentales où se complaît un
Greuze, et que l’on peut presque dire inventées par ce Greuze, n’étaient
pas seulement inutiles à l’art d’un Chardin ; elles étaient, pour ainsi
dire, étrangères à son tempérament : les airs maniérés d’un Etienne
Jeaurat, aussi bien que les suggestives polissonneries d’un Bau-
douin, toutes les modes d’un jour, en un mot, n’ont point détourné
notre maître de son inaltérable attachement aux sujets purement
pittoresques.

désigne ainsi ce tableau : « par Chardin, âgé de 22 ans, qui n’est que depuis ung
mois dans l’École. » (Mémoires inédits, t. XIV, p. 133.) M. Laperlier possédait une
œuvre de lui (v. de Goncourt, Op. cit., t. I, p. 102.)

EMILIA F. S. D1LKE
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