Institut Français d'Archéologie Orientale <al-Qāhira> [Editor]; Mission Archéologique Française <al-Qāhira> [Editor]
Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes: pour servir de bullletin à la Mission Française du Caire — 23.1901

Page: 145
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ment à Ammon : « Celui qui multiplie les biens, qui sait donner, c'est le dieu roi des
dieux : il connaît qui le connaît; il récompense qui le sert; il protège son partisan »
(Mariette, Mon. diu., pl. 28 a).

Un personnage d'époque un peu postérieure va encore plus loin dans la voie de
la réaction. Dans le tombeau de Mes, scribe du trésor de Ptah, « l'une des salles est
décorée d'une longue inscription contenant le récit d'un procès, qui, commencé sous
le règne d'Ahmès Ier et repris de plus belle sous Horemlieb, ne se termina que sous
Ramsès II. Il y est fait mention d'Aménophis IV sous la désignation de « le vaincu de
Khoutaten » (Tell el-Amarna)1 ».

Ainsi ce fonctionnaire memphite se sert, en parlant d'un roi, de l'expression de
mépris dont les rois d'Égypte qualifiaient leurs ennemis vaincus. Il ne prend pas garde
que ce roi est apparenté au souverain régnant.

En fin de compte, il reste prouvé que, pendant comme après le règne d'Améno-
phis IV, il se passa ce qui arrive dans toutes les révolutions. Rien ne fut changé à
l'administration civile, militaire, religieuse, etc., de l'Égypte. Le roi trouva des flatteurs
pour sa réforme : quelques-uns en profitèrent pour gagner des grades dans la hiérarchie;
un petit nombre bouda le nouveau régime et s'en vanta lorsqu'il fut tombé.

LA STÈLE DE ZOUARTHNOTZ

PAR

K. J. Basmadjian

Les ruines de la cathédrale de Zouarthnotz, ou autrement dite Saint-Grégoire
d'Arapar, se trouvent entre Etchmiadzine et Erivan, à une heure de distance d'Etch-
miadzine vers l'est. Jusqu'à l'an dernier, on n'y voyait qu'une petite colline, élevée
sur le champ, avec quelques débris du monument ; mais, grâce aux fouilles du
R. P. Khatchik Dadian, on a trouvé des piédestaux, des colonnes brisées, des cha-
piteaux byzantins portant chacun un aigle aux ailes ouvertes, une croix en mosaïque
et, ce qui est plus important pour le monde savant, une inscription vannique en
quarante-sept lignes du roi Rusas, fils d'Argistis, gravée sur une stèle semblable à
celles de Kélichine et de Kéchiche-gueul.

On ne peut pas dire exactement si la stèle a été érigée là où on l'a trouvée avant
qu'on ait pu mettre au jour son socle. J'ai fait les recherches nécessaires et plusieurs
fois j'ai assisté aux fouilles pour pouvoir en trouver la trace, mais tous mes travaux
restèrent infructueux. En tout cas, on peut dire qu'elle provient de Quturli, dont il est
question à la sixième ligne de notre inscription, pays où a été érigée la stèle après la
domination de Rusas. Le déplacement en a eu lieu bien probablement au moment où
on était en train de bâtir la cathédrale de Zouarthnotz.

1. Fouilles clans la nécropole de Memphis (1897-1899). Communication faite par M. Loret à l'Institut
égyptien, séance du 5 mai 1899.

RECUEIL, XXIII. — NOUV. SÉR., VII. 19
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