L' art: revue hebdomadaire illustrée — 12.1886 (Teil 2)

Page: 208
DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/art1886_2/0239
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
208

L'ART.

cabinet du musée est orné de huit « figures de bronze », dont l'une porte la signature de
Bredin et la date de sa collaboration : E. Bredinus. F. i58i

L'art du meuble en Bourgogne a compté beaucoup de maîtres habiles, mais on n'en connaît
qu'un petit nombre ; les anciens documents sont peu communicatifs à ce sujet. Aubry Tanne-
bert (i548-1549) et Girard Jambe-de-fer (i56o), étaient maîtres menuisiers de Dijon. Parmi les
Francs-Comtois, on trouve Claude Pariset, menuisier à Gray, Estienne Gaulthier, Mathieu

Vigneron, Guillaume Petitot, Jacques Chenneviere et Claude
Hp Lancier, ces derniers « citoyens de Besançon ».
A la fin du siècle,
François Briot, qui tra-
vaillait alors comme gra-
veur en médailles, à Mont-
béliard, sa ville natale,
paraît avoir exercé une
certaine influence sur la
décoration mobilière. Nous
avons rencontré quelques
meubles, comme le dressoir
de l'hôtel de ville de Mont-
béliard, signé Jérémie Car-
lin, dont les panneaux sont
la traduction évidente des
gracieuses compositions en
étain du maître.

Les meubles bourgui-
gnons étaient renommés pour

l'excellence de leur sculpture Bourgogne. — Détail d'une armoire.

et leur type bien Caractérisé ; (Collection de M. le baron Sellières.)

Dessin de Maurice Deville.

Bourgogne. on disait \ un Cabinet fdSSOIl

détail d'une armoire. dg Dijon, comme on disait /assort de Paris. Un assez grand nombre

(Collection de M. le baron Sellières.)

Dessin de Maurice Deviiie. a survécu, surtout parmi les modèles de la deuxième moitié du siècle ;

car les guerres de religion ont traité plus durement le mobilier
chrétien de la première Renaissance, que le mobilier païen de la seconde. Armoires majes-
tueuses et rectangulaires, chargées de cariatides et de trophées, dressoirs de parade à la
silhouette énergique et mouvementée, cabinets curieusement fouillés, relevés de dorures et de
camaïeux, tables monumentales soutenues par des chimères et des satyres enguirlandés, les
meubles de l'école bourguignonne ont tous un air de famille. C'est un art vivant, pittoresque,
d'une exécution brillante, d'un aspect mâle, puissant, décoratif ; provincial parfois et d'un goût
douteux, mais toujours de bonne maison.

Edmond Bonnaffé.

(La suite prochainement.)

1. Le musée de Moulins possède deux panneaux à camaïeux, qui proviennent d'un meuble, et représentent, l'un l'Age mûr, l'autre la
Vieillesse. L'or des hachures a disparu, il ne reste que l'apprêt ; le ton de bois du fond joue pour les ombres.
loading ...