L' art: revue hebdomadaire illustrée — 16.1890 (Teil 2)

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PAGES D'HISTOIRE CONTEMPORAINE

LES SALONNIERS DEPUIS CENT ANS

Salonnier, qu’est-ce que ce mot-là? Ne le cherchez ni
dans le Dictionnaire de l’Académie française, ni dans les
in-quartos de Littré, ni dans aucun des lexiques autorisés
que le grand Conseil de l’Université met entre les mains
de la jeunesse studieuse. Il n’est pas non plus dans les
complaisantes grammaires que consultent ceux des étran-
gers ayant à apprendre le français correctement. Tout au
plus auriez-vous chance de le trouver dans le curieux
Glossaire que M. Lorédan Larchey a consacré à la langue
verte, c’est-à-dire à l'argot. — Salonnier, qu’est-ce que
c'est donc? — Un homme de bonne volonté qui fait le
Salon annuel dans un journal ou dans une Revue. Telle est
la définition que j’en ai entendu donner pour la première
fois, il y a vingt-cinq ans, au Café Mulhouse, sur la lisière
des grands boulevards, à l’endroit où se tient à présent le
Musée Grévin. Par extension, le nouveau substantif a fini
par spécifier quiconque écrit vingt lignes d’exégèse ou
d esthétique sur une toile ou sur une statue qu’on vient
d'exposer dans Paris.

Assez de philologie, si vous le voulez bien. Cela étant
dit sur le mot, hâtons-nous d’arriver à la chose.

Faire le compte rendu d'un Salon, c'est s’ériger en
juge ; par conséquent, c’est s’emparer d’une fonction au-
guste. jDans l’ordre social ou politique, celui qui prend

/ . . .

Tome XLIX.

Encadrement composé et dessiné pour « l’Art » par J. Habert-Dys.

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