Revue égyptologique — 3.1883

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Eugène et Victor Eevillout.

difficultés telles qu'on s'accordait généralement à le corriger. Il s'agit, en première ligne, d'un
papyrus de Leide qu'avait déjà signalé Reuvens, et dans lequel il est question de statère
portant intérêt de GO drachmes de cuivre par mois, 720 drachmes par an. M. Letronne
pensait que ce statère était le statère d'or dont Pollux avait dit : pav ■rçBôvaro c xpuaouç atzvrtp,
et il y comparait le [xvasiov vo^ta^a xp'Jfft0U; dont parle un papyrus du Louvre publié par lui.
Ce [j.vaEiov vo[j^\j.y. '/puaiou qu'il assimile au statère d'or aurait représenté, selon lui, une mine
d'argent (de cent drachmes), ce qui en faisait probablement l'octodrachme d'or des Lagides. En
supposant de plus l'intérêt de 12 pour cent usité encore maintenant dans le Levant, et en cal-
culant (d'après ces bases et d'après l'isonomie et l'isométrie pondérale des trois métaux) l'intérêt
indiqué par le papyrus de Leide, il en concluait la proportion de 1 à 12'/2 entre l'or et
l'argent et la proportion de 1 à 60 entre l'argent et le cuivre. Voici la phrase de Letronne
qui résume le mieux son opinion, en la retournant : «Dans le papyrus de Leide il est dit que
» l'intérêt d'un statère d'or sera de 60 drachmes de cuivre par mois et conséquemment de 720
» par an ; en réduisant ces 720 drachmes de cuivre en argent d'après la proportion soixantième,
»on a une drachme par mois et 12 par an; et comme le statère d'or valait 100 drachmes
» ou une mine d'argent » — d'après la donnée du papyrus de Paris nous parlant d'un [avccôiov
vopuap.a xpuatou dont M. Letronne fait un statère — «nous retrouvons le taux de 12 pour
» cent par an ».

Ce système était très ingénieux. Mais il croule par toutes ses bases à la fois :

A. Le [.i-vasiov vo\v.g[iy. xpoaiou st.itqiwj du papyrus du Louvre valait une mine de cuivre
et non une mine d'argent.

B. Le statère du papyrus de Leide est, selon l'observation déjà faite par M. Leemans,
le statère d'or, décrit par les métrologistes grecs et bien connu en numismatique, qui valait
2 drachmes et non 8 drachmes d'or.

C. Le texte de Pollux cité — à regret — par Letronne s'appliquait, selon la remarque
fort judicieuse de Hultsch, aux monnaies de Sicile (comme le texte que M. Mommsen allègue
dans le même sens) et non aux monnaies d'Egypte.

D. L'intérêt était de 30 pour cent en Egypte, ainsi que nous l'apprennent positivement
les textes et que nous l'avons déjà établi après MM. Peyron et Leemans dans notre article sur
le papyrus grec XIII de Turin, et non de 12 pour cent comme le pensait Letronne.

Il suit de là qu'en partant de l'isonomie complète des différents métaux telle qu'elle ressort
de ce qui précède, nous retombons :

E. Sur la proportion de 1 à 10 entre l'or et l'argent, proportion indiquée par tous les
anciens.

F. Sur la proportion de 1 à 120 entre l'argent et le cuivre, qu'avaient déjà admise
MM. Bernardino Peyron, Leemans et Lumbroso, et que nos textes démotiques prouvent
également d'une façon désormais indubitable.

Nous allons développer séparément tous ces points dans le présent paragraphe.

A. La pièce d'or valant une mine.

Eu ce qui concerne le premier point, il suffit de lire avec attention le beau travail de
notre grand Letronne sur la récompense promise . . . pour voir nettement à quelle mine se
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