Revue égyptologique — 3.1883

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Eugène Revillout et Keall.

« en outen d'argent gravé argenteus 5, en onten d'argent gravé 5 en tout » on bien encore :

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«en outen d'argent gravé 5, en sékels 25, en outen d'argent 5 en tout.»

Dans tous ces derniers cas il était clair qu'il s'agissait de l'outen monétaire actuel, et non de l'antique
outen pondéral, lingot pesant un cinquième en plus et en argent pur, sans alliage. Cette distinction entre
l'outen monétaire et l'outen pondéral ou commercial a ses analogues dans le système attique. En effet nous
sommes parfaitement d'accord avec MM. Boeck et Mommsen pour admettre que la mine dite commerciale
(ejxjîoptxn)) de l'inscription n° 123 du Corpus inscriptionum grœcarum, mine qui devait peser 138 drachmes
monétaires contemporaines, représentait bien une ancienne mine de 100 drachmes monétaires d'une autre
époque, avant qu'on eût réduit le poids de l'unité d'argent dans la proportion indiquée.

LA VIE D'ARTISTE OU DE BOHEME EN EGYPTE.

(fragment d'un poème satyrique en vers démotiques de l'époque romaine.)

(lecture faite a l'académie des inscriptions en aout 1833.)

Le genre sapiential est certainement un de ceux qui ont le mieux réussi aux Égyptiens.
Le papyrus Prisse; que M. Chabas nomme avec raison le plus ancien livre du monde, est déjà
un recueil de maximes morales et satyriques, des plus curieux, des plus instructifs. J'en dirai
autant du célèbre papyrus de Boulaq signalé et traduit pour la première fois par notre illustre
maître M. de Rougé, et auquel M. Chabas a consacré les deux beaux volumes de son Jour-
nal êgyptologique. En démotique nous possédons également de nombreux ouvrages analogues,
parmi lesquels je signalerai seulement deux papyrus du Louvre, un papyrus d'Edimbourg et
un papyrus de Vienne. C'est de ce dernier que je veux dire aujourd'hui quelques mots.

L'un des côtés de ce papyrus contient, d'une part, un curieux texte d'administration
romaine, récemment publié par M. Wessely, d'une autre part, un certain nombre de sentences
et de préceptes affirmatifs et négatifs fort analogues à ceux des papyrus de Paris et d'Edim-
bourg. Mais c'est l'autre côté du document qui nous semble le plus intéressant des deux.

On y trouve cinq colonnes d'un texte serré, divisé en vers mis à la ligne et relatif à
la vie d'artiste ou de bohème chez les Égyptiens. Sauf que c'est de la poésie, au lieu d'être
de la simple prose, ce texte rappelle d'une façon vraiment frappante d'une part le tableau
que Théophraste nous fait de l'impudent dans ses inimitables caractères et d'une autre part
les récits si curieux que notre cher maître M. Caussin de Perceval a recueillis sur la vie
d'artiste chez les Arabes pendant les premiers siècles de l'hégire. Nous savons, du reste, par
l'auteur de la vie de Saturninus, que les Égyptiens, à l'époque romaine, étaient célèbres par
leurs poésies satyriques qu'ils chantaient souvent dans les rues.

Qu'on me permette, tant en mon qu'au nom de M. le Dr. Krall, mon élève, privât docent
à Vienne, de citer une page de notre curieux document, traduite d'après la copie au crayon
que ce jeune savant distingué a bien voulu faire.

Il s'agit d'un musicien dont on ne nie pas les connaissances théoriques. Il était com-
positeur et avait écrit un livre estimé d'enseignement musical. Mais ses talents avaient été
gâtés par l'amour de l'oisiveté et de la bonne chère. — Il allait à toutes les fêtes pour y
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