Revue égyptologique — 3.1883

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Le budget des cultes, etc.

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LE BUDGET DES CULTES SOUS PTOLÉMÉE PHILADELPÏÏE.

Dans im précédent travail; publié dans cette Revue (Ire année, n° 11) j'ai raconté com-
ment le roi Amasis avait, le premier, osé mettre la main sur le neter-hotep ou sur les pro-
priétés et revenus sacrés des dieux, qu'il avait en partie distribués à ses mercenaires grecs.
Selon notre chronique démotique, le tort fait ainsi1 aux sanctuaires pendant le règne d'Amasis
est estimé à quatre millions 46 myriades quatre mille quarante-trois argenteus-outen (ou outen
d'argent) et demi, ce qui, en estimant seulement l'argenteus à 20 drachmes attiques selon le
calcul monétaire officiel de Ptolémée Soter, équivaudrait à quatre-vingt-neuf millions deux
cents quatre-vingt mille huit cents soixante-dix drachmes, ou 14,880 talents, plus 870 drachmes,
sans compter divers revenus de casuel supprimés par le même souverain.

S'il faut en croire notre chronique, ce vol sacrilège fut la cause véritable de la con-
quête de l'Egypte par Cambyse presque immédiatement après la mort d'Amasis.

Sous Cambyse, l'état des choses s'aggrava encore pour les temples : les collèges des
hiérogrammates furent dispersés et «une grande calamité s'abattit sur la terre entière».

Nous avons vu, au contraire, que Darius, s'inspirant d'idées toutes différentes, rétablit
les collèges des hiérogrammates, rendit aux temples les neter-hotep qui leur avaient été enlevés,
en expulsa les étrangers etc., bref fit tout dans le sens d'une véritable contre-révolution. Le
papyrus Golénischeff, publié dans notre dernier numéro et contenant un état des masses
d'or et d'argent déposées dans le temple d'Hormerti sous le règne de Darius, nous montre
qu'en effet on en était revenu dans les sanctuaires à une véritable ère de prospérité. On
comprend par là comment, selon Diodore, le roi Darius, tout Perse qu'il était, était con-
sidéré par les prêtres égyptiens comme un de leurs législateurs et un de leurs meilleurs
souverains.

Quand les Grecs s'emparèrent de l'Egypte, ils suivirent la même politique, Alexandre
se fit donner par les prêtres égyptiens son investiture religieuse et proclamer fils du soleil
et fils d'Amon d'après la coutume traditionnelle. Il en fut de même pour Ptolémée Soter, qui
alla plus loin encore dans ce sens : Il voulut incarner pour ses sujets le patriotisme religieux
des Egyptiens, et pour cela, dans une stèle du règne nominal d'Alexandre, fils d'Alexandre,
sous «le satrape Ptolémée», il rendit les plus grands honneurs à la mémoire de /abas, le roi
égyptien, glorieusement révolté contre le Perse Xercès.

1 «Pour ces choses, argent de la valeur, qui est comptée en argent : argenteus, six myriades cinq
» cents trente-deux et demi (répondant d'après l'isonomie ptolémaïque à 1,210,650 drachmes attiques ou en
» d'autres termes à 201 talents 4650 drachmes). Pour les blés : dix myriades deux cents dix (répondant à deux
» millions quatre mille deux cents drachmes, ou en d'autres termes à 334 talents plus 200 drachmes). Pom-
mes terres ((jjj^^ quatre millions trente myriades trois mille trois cents un (répondant à quatre-vingt-six
«millions soixante-six mille vingt drachmes, ou en d'autres termes à quatorze mille trois cents quarante-
» quatre talents plus deux mille vingt drachmes), pour clôturer ^ ^ Brugsch, DicL, 1465) le compte.

» en laissant de côté (tu ni) les bois de chauffage......les papyrus, les embarcations, les parfums, etc. »

La traduction précédente diffère un peu de celle que j'avais donnée précédemment. J'ai revu avec
soin le texte.
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