Revue égyptologique — 3.1883

Page: 186
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186 Victor Revillout.

«Sumaï1, fils d'Eribsu, dans la satisfaction de son cœur; a cédé Hasibatuv son esclave
pour une mine d'argent, à SilimbeL fils de Marga de la race (tribu) de Damka, comme prix

complet. Contre......, réclamant, mâle grandi ou enfant......qui élèvera la voix au

sujet de Habasituv2, Sumaï, fils d'Eribsu, se porte garant.»

Le nombre des témoins est de quatre.

Nous rencontrons dans ces deux actes et, comme nous le verrons, dans plusieurs autres,
certaines expressions fondamentales qui se rapportent à la garantie donnée à l'acheteur
d'esclave par le vendeur. Les mots paqiranu, nasu, huut, etc. ne se rencontrent pas seule-
ment dans les ventes d'esclaves, mais dans d'autres contrats où nous montrerons qu'ils y ont
bien le sens que nous leur attribuons. Mais avant d'en venir à cette étude de lexicologie
technique, nous avons encore à donner d'autres ventes d'esclaves qui se rapprochent infini-
ment par leurs formules des deux précédentes. Ce sera le sujet d'un prochain article intitulé :
Les ventes d'esclaves et leurs garanties à- Bàbylone.

L'IMPÔT SUE LES MAISONS

D'APRÈS UN PAPYRUS GREC INÉDIT.

(BRITISH MUSEUM N° L, ANCIEN SALT 9G7.)

Dans mon article sur Le budget des cultes paru dans le dernier numéro de la Revue
j'ai longuement parlé (p. 107 et suiv.) des curieux passages de la stèle hiéroglyphique de
Philadelphe où il est question de l'impôt sur les maisons (cr-zi), et j'ai cité à ce sujet une
phrase intéressante des Economiques attribuant cet impôt sur les maisons (onua) au roi Téos
ou Tachos, qui l'aurait institué en Egypte d'après le conseil de l'Athénien Chabrias. Dans
un voyage en Angleterre, au mois d'avril dernier, j'ai trouvé un papyrus grec inédit du
British Muséum qui a justement trait à cet impôt sur les maisons. Il s'agit d'une déclaration
faite par un grec habitant Memphis (eXXYjvo[j!.e|ji.<piTiQç) conformément à un prostagma alors récent,
déclaration relative à la maison qu'il habitait, à une autre maison où il tenait boulangerie
et aux deux cours qui constituaient les dépendances de ces deux maisons, le tout situé dans
le quartier de l'hellénium, déjà connu par un papyrus de la Bibliothèque Nationale. Ces pro-
priétés étaient d'égale contenance, bornées au nord par une rue et séparées l'une de l'autre
par une autre rue. La première maison, celle d'habitation, portant peut-être un ou plusieurs
étages, est estimée deux fois plus cher que la seconde qui servait de boutique. Leurs dimen-

1 Sumaï est un nom qui se retrouve dans les actes de Ninive (voir notamment W. i. iii, 46, 3.
31; W. i. iii, 46, 4, 36, etc.) avec le même idéogramme pour le mot sum, surna, mais avec deux a terminaux
inscrits au lieu d'un, suivant une orthographe qui n'était pas celle de Bàbylone pour les noms de ce
genre. Nous adoptons ici la transcription ai pour le double a de la fin d'un mot, malgré les objections
formulées par M. Haupï, qui, suivant la règle générale pour les redoublements de voyelles dans le corps
des mots, et aussi à la fin des mots quand il s'agit d'autres voyelles, y veut voir seulement un allonge-
ment de cet a. Mais une généralisation n'est pas une preuve et il ne nous paraît pas certain qu'il y ait
lieu de s'écarter sur ce point des vieilles traditions.

2 Le scribe, qui avait pris d'abord ce nom d'esclave pour un nom de femme, avait commis une
autre erreur-, il avait déplacé une syllabe, comme on peut le voir en comparant la première mention de
ce nom avec la seconde.
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