Revue égyptologique — 3.1883

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Seconde lettre sue les monnaies égyptiennes.

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soumises. La révolution força les tuteurs du roi de faire venir à grands frais des troupes de
Grèce. Le trésor se trouva bientôt à sec. Au double étalon de cuivre et d'argent qu'avait
établi Philopator, on fut donc obligé de substituer l'étalon unique de cuivre et de monopoliser
en quelque sorte l'argent dans les caisses de l'état qui le versaient ensuite à l'étranger. Ce
fut sans doute à ce moment qu'à Memphis le gouvernement déclara que toutes les monnaies
appelées dans les contrats drachmes en grec, ou argenteus et sékels en égyptien, seraient
réputées en cuivre. C'est ainsi que dans nos papyrus démotiques Memphites de cette époque
l'argenteus n'est plus que l'argenteus de cuivre; le sékel que le sékel de cuivre.

3° A Thèbes, pendant la domination des rois révoltés, on en était resté au régime mo-
nétaire du double étalon, établi sous Philopator. Mais quand Epiphane s'empara de la Thébaïde,
ses monnaies le suivirent naturellement dans ce pays. Seulement pour qu'il n'y eût pas d'am-
biguité — puisque les Thébains connaissaient surtout les monnaies d'argent — on dut ex-
pliquer qu'il s'agissait d'argenteus à l'équivalence de 24 pour 2/10. Cette ancienne formule
ne désigna donc plus un change, mais une monnaie, et nous la retrouvons également avec
cette valeur en l'an 11 de Philométor. Notons seulement qu'à cette époque — tout au moins —
l'argenteus sans mention désignait encore à Thèbes — dans l'usage ordinaire — l'argenteus
d'argent et non l'argenteus de cuivre, comme à Memphis. Il ne serait pas impossible que la
loi d'Épiphane eût semblé trop sévère et qu'après la conquête et l'appaisement général on
eût permis aux Thébains de garder en égyptien les appellations simples pour les monnaies
basées sur l'ancien étalon d'argent, à la condition de les distinguer d'une façon suffisamment
claire des monnaies dépendant du nouvel étalon officiel de cuivre. On compta de la sorte à la
fois à Thèbes par l'ancien argenteus thébain (d'argent) et par le nouvel argenteus memphite
de cuivre. La seule question douteuse est une question de date. Quand cette tolérance fut-elle
accordée à Thèbes? Est-ce sous Epiphane ou Philométor?

TROISIÈME PÉRIODE.

Nous désignerons sous ce nom la période qui commence au second règne d'Ëvergète IL
Le diacrétisme est alors poussé aussi loin que possible. Il n'y a plus d'argenteus ou de sékels
sans mention explicative et toutes les monnaies se classent en démotique sous l'une de ces
trois rubriques :

1° ou bien en qualité d'argenteus fondus du temple de Ptah, avec le calcul de 5/fi,
Vio; V30J 760; Voo- Il n'y a Pas al°rs ^e doute qu'il s'agisse du vieil argenteus d'argent,
puisque l'on a la formule même qui sert depuis Darius et dont on a continué l'usage sous
Artaxercès, Philippe, Evergète Ier, etc., etc., pour ne parler que des textes possédés par nous;

2° ou bien en qualité d'argenteus et de sekel «en pièces d'argent gravé». C'est la for-
mule qui sert désormais (depuis Evergète II) pour toutes les pièces d'argent frappées;

Rhodiens trois cents talents d'argent et mille talents de cuivre. Le même historien (liv. XXIII, 9, 3) dit
qu'Epiphane envoya aux Achéens 200 talents de cuivre vou.iaij-atoç E7ua7)p.ou ^aXxou. L'unique étalon de cuivre
se substituait ainsi, même pour les dépenses faites à l'étranger, au double étalon. Il est vrai qu'il s'agit
d'un don. Epiphane, pour avoir, en Grèce, les troupes qu'il employa contre les révoltés d'Egypte, dût sans
doute les payer en argent. Ajoutons qu'avant Philopator les historiens, comme les papyrus, nons montrent
en Egypte l'étalon d'argent.
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