L' art: revue hebdomadaire illustrée — 16.1890 (Teil 2)

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Un Lion.

Bronze antique, (Collection Spitzer.)

LE MUSÉE FRÉDÉRIC SPITZER ET SON CATALOGUE'

(suite)

IX

VIII

Cette étude a été interrompue par la mort subite qui
est venue foudroyer en pleine santé l'éminent collection-
neur dont la verte vieillesse paraissait ignorer le poids des
années. Je reprends ce
travail par l’examen du
premier volume du
somptueux Catalogue
illustré, le seul volume
qui ait paru du vivant de
M. Frédéric Spitzer.

L’ouvrage ne sera pas
interrompu ; les craintes
que l’on manifestait à cet
égard n’étaient basées
que sur l’ignorance com-
plète de la situation. Le
défunt avait tout prévu
pour l’achèvement de
l’œuvre qui le passion-
nait. M. Emile Mobilier
a été chargé de la direc-
tion de la publication
jusqu’à complet achève-
ment ; on ne pouvait
plus heureusement s’a-
dresser. Le second vo-
lume est sous presse et
ne tardera pas à paraître.

Il sera promptement
suivi d’un troisième.

La Naissanc
Terre cuite grecque.

C’est à la plume d’un
archéologue autorisé en-
tre tous, M. Frœhner,
qu’est due la notice et la

description des Antiques. Nul n’était plus compétent que
lui pour apprécier dignement les terres cuites de Tanagra
ou d'Asie Mineure, les bronzes, etc.; nul ne pouvait don-
ner une meilleure interprétation de ces groupes d’un faire
i. Voir l’Art, 16e année, tome Lor, pages 164 et 187.

si délicat et si maniéré, sur lesquels les profanes, quand ils
ne sont pas initiés aux secrets de la mythologie grecque,
peuvent encore s’accorder le plaisir de bâtir des romans
fort plausibles. Dans les quelques pages que l’auteur a
consacrées à ces œuvres d’un art exquis, il a parfaitement

résumé ce que nous sa-
vons aujourd’hui de l’ori-
gine et de la destination
des terres cuites grecques
qui, aux amateurs du
xvme siècle, font immé-
diatement penser aux
merveilles de grâce en-
fantées par le génie de
Clodion. Il a expliqué
aussi, tout en regrettant
peut-être au fond que la
part faite à l’Antiquité
classique ne fût pas plus
grande, pourquoi
M. Spitzer, dont la col-
lection est avant tout une
histoire des arts mineurs
du Moyen-Age et de la
Renaissance écrite par
les monuments, avait
voulu qu’au frontispice
de cette réunion de pièces
hors ligne, l’antiquité
figurât ; non qu’il son-
geât à former une galerie
d’antiques à l’imitation
de tout grand Musée qui
se respecte, mais parce
qu’il voulait fixer par des
échantillons triés un à
un et avec un rare bon-
heur le point de départ
de l’art du Moyen-Age
et de la Renaissance, la source inépuisable à laquelle on
est toujours obligé de revenir, le livre que ne feuillette
jamais nul artiste sans trouver un exemple et un ensei-
gnement. Écoutons plutôt M. Frœhner :

« La collection d’œuvres d’art la plus belle et la plus

E DE VÉNUS.
(Collection Spitzer.)
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