La chronique des arts et de la curiosité — 1912

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N° 10. - 1912. BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6»)

9 Mars.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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ILe Numéro : O fr. 25

PROPOS DU JOUR

QW^4^- e sous-secrétaire d'Etat aux Beaux-
iFllf S^ï) Arts vient d'adresser aux préfets
(ï^Iw/îr^i une circulaire qui ne manquera
v.^!sHi/« pas d'être bien accueillie par l'opi-
ïvon. 11 leur prescrit de recommander aux
municipalités comme aux particuliers de res-
pecter tous les ornements et les insignes qui
peuvent se trouver sur les monuments pu-
blics. Parfois, lorsque ces monuments avaient
besoin de réparation, il arrivait que, pour les
mettre à la mode du jour, on ôtait tout ce qui
pouvait rappeler le passé, les initiales, les
symboles, les fleurs de lys. On les dégradait ;
•on les défigurait. Le sous-secrétaire d'Etat a
pensé qu'il était de son rôle de prendre leur
défense.

Il est à peine besoin de dire que cette me-
sure témoigne d'une réelle liberté d'esprit, et
on se ferait scrupule de le remarquer si des
dispositions aussi naturelles n'étaient de-
venues rares. Mais il y a là autre chose que de
la tolérance : il y a un j uste sentiment de ce que
l'on doit au passé. Le sous-secrétaire d'Etat,
en s'adressant aux préfets, les invite à rap-
peler à tous que les monuments sont à la fois
des objets de beauté et des objets de vénéra-
tion. S'ils contribuent à l'embellissement des
maisons et des cités, ils portent aussi en eux
quelque chose de notre histoire. Ils sont,
comme leur nom l'indique, des souvenirs.
Ils ne demeurent tout à fait eux-mêmes que
si on les laisse tels qu'ils ont été conçus par
«eux qui les ont élevés, avec tous les signes
qui révèlent leur date, qui manifestent les
sentiments de leurs auteurs. Quel triste
respect du passé, que celui qui ne le supporte
pas sans avoir le besoin de le mutiler! Quelle
étroite idée de l'histoire que celle qui invite
à la mettre d'accord tant bien que mal avec

le présent ! M. le sous-secrétaire d'Etat invite
à mieux comprendre, c'est-à-dire à mieux
respecter. Tous les amis de l'art le loueront
de son initiative.

NOUVELLES

*** Par décret en date du 4 mars, rendu
sur le rapport du ministre de l'Instruction
publique et des Beaux-Arts, M. Homolle,
membre de l'Institut, est nommé pour six
ans directeur de l'Ecole française d'Athènes,
en remplacement de M. Holleaux, dont la dé-
mission est acceptée et qui est appelé à d'au-
tres fonctions.

*** Comme on le verra plus loin dans le
compte rendu de la vente Dollfus, le musée
du Louvre a acheté à cette vente deux ta-
bleaux de Corot : la Femme à La perle et la Vue
de la Trinité-des-Monts, et le tableau de Gé-
ricault, La Course des « barberi » à Rtme. De
son côté, le musée du Luxembourg a acquis
la Fillette au poupard de M. Roybet.

*** Le Musée de l'Armée a reçu ces temps
derniers plusieurs dons intéressants, entre au-
tres un portrait de Turenne peint par Ch. Le
Brun, où l'illustre maréchal est représenté à
mi-corps et de trois-quarts, revêtu d'une cui-
rasse avec hausse-col et cravate de dentelle,
et portant l'écharpe blanche insigne du com-
mandement ; puis une statuette équestre de
Napoléon 1er en bronze doré, par Monice (1809).

A propos du Musée de l'Armée, un des
collaborateurs du général Niox, le lieutenant
Sculfort, vient de publier le catalogue des
décorations, médailles, monnaies et cachets
appartenant à ce musée.

*** M. Daumet, ancien président de l'Aca-
démie des Beaux-Arts, récemment décédé, a
légué par testament, à cette Académie,
150.000 francs pour la création de prix an-
nuels représentant 4.500 francs de rente.
M. Daumet a donné, en outre, 20.000 francs à
la Société centrale des architectes français.
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