La chronique des arts et de la curiosité — 1912

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N« 24. - 1912. BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6«)

29 Juin.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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PROPOS DU JOUR

£e sous-secrétariat des Beaux-Arts
a pris récemment une décision qui
mérite d'être signalée et d'être
louée. Il a résolu de rendre à la
ville de Chàteauroux les verrières de l'an-
cienne église des Gordeliers. La nouvelle, en
•soi, peut paraître bien modeste. Mais on en
■sentira mieux l'intérêt si on se rappelle l'his-
toire de ces vitraux fameux et leur valeur
artistique. Un verrier, chargé jadis de les ré-
parer, se les était simplement appropriés.
Après ce premier exploit, il en avait commis
un second plus audacieux encore : il avait
vendu les vitraux à l'Etat, qui les avait ex-
posés au musée du Trocadèro. Et l'église de
■Chàteauroux était découronnée.

L'E;at, mieux informé, s'est d'abord conduit
en honnête homme en les restituant au véri-
table possesseur. Ce serait lui faire injure
■que d'insister sur un acte de simple probité.
Mais il faut noter que, pour aller plus vite et.
ne pas attendre la décision de justice qui
aurait permis de remettre régulièrement la
ville de Chàteauroux en possession de ses
verrières, le sous-secrétaire d'Etat les a res-
tituées tout de suite à titre de dépôt délinitif.
La solution a le mérite d'être prompte et elle
■est élégante.

11 y a plus. En faisant connaître sa déci-
sion à la municipalité de Chàteauroux, le
sous-secrétariat rappelle à propos de quels
principes elle s'inspire. « Remettre les vieilles
choses dans leur cadre naturel », telle est la
maxime de l'administration des Beaux-Arts,
et on ne saurait trop l'en féliciter. Il est sans
doute précieux pour les musées de recueillir
les œuvres qui, par la faute des circonstances
ou du temps, sont détachées des monuments
auxquels elles appartiennent naturellement.

Mais un tel sort n'est, pour les œuvres, qu'un
pis-aller : on s'y résigne ; on ne le souhaite
pas. Les sculptures, les peintures, les meu-
bles et les vitraux ne sont pas faits pour
constituer des collections et survivre, dans
les musées, à leur destinée véritable. Tous
ces ouvrages n'ont leur sens et leur valeur
que dans le décor pour lequel ils ont été
créés. Si l'administration des Beaux-Arts de-
meure fidèle à cette doctrine et contribue à
la répandre, elle aura bien mérité de tous
ceux que touche la beauté de nos villes et de
nos monuments.

NOUVELLES

*** Ont été inaugurés pendant la dernière
quinzaine :

Le dimanche 16 juin, à Brazey (Côte-d'Or),
un monument à la mémoire du sénateur, an-
cien gouverneur de la Banque de France,
Joseph Magnin ;

Le dimanche 23 juin, à Ermenonville, une
statue de Rousseau, œuvre du sculpteur
Henri Gréber;

Le même jour, à Lunel, un monument à la
mémoire d'Henri de Bornier, œuvre du sculp-
teur Léopold Maurice;

Le même jour, à la mairie de Versailles, un
buste de M. Edouard Lefebvre, ancien maire.

*** Le département de la sculpture mo-
derne au musée du Louvre vient de s'enrichir
d'un monument allégorique en marbre com-
mandé à Caffieri par l'abbé Voisenon à la
mémoire de Mm« Favart.

*** Par arrêté du ministre de l'Instruction
publique et des Beaux-Arts en date du 15 juin
1912, pris sur la présentation du Conseil supé-
rieur de l'enseignement des Beaux-Arts,
M. Brandon, professeur de l'Université, ar-
chitecte du Gouvernement, a été nommé pro-
fesseur de géométrie descriptive à l'Ecole
nationale des Beaux-Arts, en remplacement
de M. Pille!, décédé.
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