La chronique des arts et de la curiosité — 1912

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N° 53. - 1912. BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6«)

15 Juin.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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PROPOS DU JOUR

^Sj^p rjN nouveau Salon va ouvrir ses
portes le Ie'' juillet dans la Salle
■î^K^K-jB du Jeu de Paume. Ou se deman-

î^fCsyv derait avec inquiétude ce que
vient ajouter, parmi les innombrables expo-
sitions de notre temps, cette nouvelle institu-
tion, si, précisément, elle n'avait pour objet
de faciliter la tâche des amateurs et de leur
présenter comme un résumé de ce qu'ils
auront pu voir. Ce Salon, en effet, aura lieu
seulement tous les trois ans et sera formé par
une sélection des artistes qui exposent aux
Artistes Français, à la Société Nationale, au
Salon d'Automne.

L'idée d'une exposition triennale est déjà
ancienne. Dès que les Salons annuels ont pris
du développement, il a paru qu'ils perdaient
quelque chose de leur intérêt par l'effet de
leur ampleur même. Depuis dix ans, en outre,
les expositions partielles, si instructives en
soi, sont devenues innombrables. Il est au-
jourd'hui matériellement très difficile à un
amateur ou à un historien de suivre toutes
ces manifestations artistiques : elles sont
trop. Même pour un critique exercé, le défilé
•continu d'œuvres diverses cause une fatigue
de l'œil qui gêne l'impression et fait perdre
au jugement de sa siireté. Et même pour un
artiste actif et de tempérament généreux, la
nécessité d'exposer tous les ans ne va pas
sans inconvénient. On a pensé depuis long-
temps qu'un Salon triennal aurait un avan-
tage à la fois pour les artistes et pour les
visiteurs. Il permettrait aux premiers de faire
connaître un ouvrage plus longuement tra-
vaillé dans une exposition dont la fréquence
n'émousserait pas l'intérêt. Il donnerait aux
seconds une occasion de connaître par un
examen plus médité et par des impressions

plus fraîches ce que devient le talent d'un
artiste en trois ans, et comment il se renou-
velle.

Peut-être l'organisation de la Triennale
facilitera-t-elle ce changement de mœurs, et
ce Salon nouveau prendra-t-il peu à peu une
signification riche en avertissements de toute
sorte. Il a pour le moment la modestie de
ne pas se présenter seul et d'ajouter à l'ex-
position de tableaux contemporains une
galerie rétrospective d'artistes récemment
disparus. C'est assumer une tâche très noble,
mais c'est ajouter aussi à une œuvre déjà
considérable pour le présent une bien grande
charge en l'honneur du passé. Quoi qu'il en
soit, le nouveau Salon est une initiative
digne d'être remarquée et encouragée; ses
destinées seront intéressantes en elles-mêmes
et elles auront peut-être une grande influence
sur le régime actuel de nos expositions.

NOUVELLES

*** Ont été inaugurés pendant la dernière
quinzaine :

Le samedi 8 juin, au jardin du Luxem-
bourg, un monument à la mémoire du poète
Louis Ratisbonne, œuvre des sculpteurs
Ceribelli et Soldi ;

Le dimanche 9 juin, à La Faloise, près
Montdidier, un monument à la mémoire des
cantonniers Hein, Gras et Foy, morts vic-
times de leur dévouement dans un accident
de chemin de fer, osuvre du sculpteur Roze;

Le même jour, à Vernouillet (Eure-et-Loir),
un monument à la mémoire de l'inventeur
Nicolas-Louis Robert ;

Le jeudi 13 juin, à Paris, au coin de l'ave-
nue Camoens,'un buste du poète des Lusiades,
œuvre du sculpteur Betti.

*** La série des miniatures de l'écolo fran-
çaise primitive que possède le Louvre et qui
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