La chronique des arts et de la curiosité — 1912

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N° 22. - 1912. BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e)

1" Juin.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS

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A partir d'aujourd'hui jusqu'à décembre,
la CHRONIQUE ne paraîtra plus que tous
les quinze jours, suivant l'usage.

Le prochain numéro portera la date du
15 juin.

PROPOS DU JOUR

e ministre des Finances a reçu il
(frlf?^) y a quelques jours une déléga-
fol^ftSi tion du groupe parlementaire du
tourisme. Il a écouté les plain tes
qu'ils ont exprimées au sujet des affiches-
réclames, et il a promis de rechercher sans
délai les moyens de défendre les paysages.
La Chronique des Arts a été, il y a déjà plu-
sieurs années, parmi les premiers qui ont.
signalé l'abus des affiches-réclames : elle se
réjouit donc des promesses qui viennent
d'être faites au nom du Gouvernement.

Le mal s'est beaucoup aggravé depuis le
temps où nous l'avons constaté. C'est d'abord
aux envirous de Paris surtout qu'il a sévi : il
n'était ligne de chemin de fer ni route un peu
fréquentée qui ne fût bordée de ces pancartes
énormes et voyantes recommandant aux
voyageurs quelque maison de commerce. Ce
qui était une disgrâce spéciale à la banlieue
parisienne est devenu une épidémie véritable.
Où que le voyageur se promène, il est assuré
aujourd'hui de voir surgir, dès qu'il y a un
espace libre, ces amas informes de poteaux,
■d'images, d'inscriptions et de papiers peints.
Il en est de toutes les dimensions, de toutes
les couleurs, de tous les styles. On subit leur
présence dans les plus charmants paysages,
parmi les arbres paisibles, le long des cours
d'eau. C'est une obsession.

Il serait désolant que le ministre et les dé-
légués du groupe parlementaire du tourisme
crussent avoir assez fait en se réunissant et

en échangeant de bonnes paroles. On assure
qu'ils ont témoigné de leur sollicitude poul-
ies beaux sites de notre pays et qu'ils ont
déclaré les considérer comme une partie du
patrimoine national. C'est fort bien. Mais le
patrimoine national ne se défend point par
des promesses. Il faut prendre des mesures,
On aurait pu espérer que le Gouvernement
trouverait dans les lois existantes sur la pro-
tection des paysages de quoi intervenir tout
de suite. S'il se croit désarmé, il n'a qu'à le
dire. On avait parlé d'un impôt; personne ne
jugerait excessif qu'on interdit définitive-
ment ce mode d'affichage qui a tant d'incon-
vénients. La publicité dispose aujourd'hui
de tant de moyens qu'on peut la priver de
celui-11 sans compromettre sa liberté. Les
paysages, au contraire, eux, sont irrémédia-
blement compromis par cet envahissement
de laides et encombrantes affiches.

--uiKWOiaftsfyg—*-

NOUVELLES

*** Nous sommes heureux d'annoncer que
le musée du Louvre a acquis, cette semaine,
à la vente de la collection Carcano, dont nous
donnons plus loin les principaux prix, le beau
tableau de Théodore Rousseau L'Allée de
châtaigniers, un des chefs-d'œuvre du maître.

**# Par arrêté du ministre de l'Instruction
publique et des Beaux-Arts en date du 22
mai 1912 et sur la proposition du sous-secré-
taire d'Etat des Beaux-Arts, ont été nommés
membres du Conseil supérieur des Beaux-
Arts : MM. Nénot, architecte, membre de
l'Institut; Laguillermie,graveur; JosephRei-
nach, député ; Lalique, membre du comité
technique de la Manufacture nationale de
Sèvres.

*** Par arrêté ministériel en date du
23 mai est instituée une commission consul-
tative chargée de donner sod avis sur la ré-
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