La chronique des arts et de la curiosité — 1912

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LA CHRONIQUE DES ARTS

plinaire reçoivent avis qu'ils peuvent prendre,
clans le délai qui leur sera imparti, communica-
tion personnelle et confidentielle de leur dossier.

DISPOSITIONS GÉNÉRALES

« Art. 24. — Nul no pourra être promu à une
classe supérieure de traitement s'il ne compte au
moins deux années de service dans la classe où il
est placé.

« Dans' le personnel des gardiens, les promotions
de classes sont attribuées au commencement de
chaque trimestre, et les promotions d'emplois au
fur et à mesure que les vacances se produisent.

» Art. 25. — Sont abrogées toutes les dispositions
contraires à celles du présent décret. »

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Académie des Inscriptions

Séance du 23 août

Une caverne préhistorique. — Le comte
Begouen, maire de Montesquieu-Avantès (Ariège),
informe l'Académie d'une découverte préhistorique
extrêmement intéressante. En explorant les sources
du Yolp, petite rivière qui sort d'une caverne au
lieudit Tuc-d'Audoubcrt, M. Begouen arriva à une
vaste salle curieusement ornée de stalactites et, sur
les parois d'une allée latérale, distingua une série
de gravures on creux et en relief parmi lesquelles
il put reconnaître, si parfaites étaient la netteté
et la conservation de ces curieuses images, des
figurations d'animaux.

L'Académie charge M. Salomon Reinach d'étu-
dier cette grotte, qu'ont déjà visitée divers savants
français et étrangers.

les fouilles tunisiennes. — M. Gagnât lit une
note de M. Merlin qui résume les principaux ré-
sultats des fouilles poursuivies cette année-ci, par
la direction des antiquités de la Régence de Tuni-
sie, dans les ruines do Medeina, l'antique Althi-
buros. Entreprises en 1908, elles comportent ac-
tuellement le déblaiement du forum au nord-ouest
et, au nord-ouest de ce site, les abords du Gapitole.

Au nord-ouest, le forum est bordé d'édicules
rectangulaires ouvrant sur le portique. Le plus
grand de ces édicules, mesurant 5"'60 sur 6"'40, est
un petit sanctuaire dédié à Minerve. La statue en
marbre blanc de la déesse, haute de 2 mètres, s'y
est retrouvée. Mutilée de la tête et des bras, elle
est vèlue d'une longue tunique et d'un manteau
dont elle retient les plis de la main gaucho contre
sa hanche ; elle porte l'égide en sautoir de l'épaule
droite sous le sein gauche, et la tète de Méduse se
trouve placée juste entre les deux seins.

Au sud-ouest, le portique du forum est longé par
une rue qui le sépare du Gapitole : à chaque bout
de cette rue se trouvait une porte monumentale.
L'inscription de l'une d'elles, retrouvée en frag-
ments, fait connaître que cette porte monumentale
a été élevée par la ville reconnaissante en l'hon-
neur de l'empereur HadrieD, qui lui avait octroyé
le titre do municipe. Une autre inscription impor-
tante fait connaître que la dédicace du Gapitole eut
lieu sous Commode (185-191). Elle peut être ainsi
restituée : « Jovi oplimo maximo, Junoni reç/inœ,
Mineroœ, pno salule imperatoris Cœsaris Marci
Aurclii Commodi Antonini pii felicis augusti,
municlpïum Jilium Iladrianum Auqustum Al-
thiburitanum pecunia sua Capilolium a solo
extructum fecit omnique addilo cultu dedi-
cavit. »

Séance du 30 août

Les fouilles de Torralba. — M. Joseph Déche-
lotte, correspondant de l'Académie, expose les
principaux résultats des fouilles considérables que
poursuit lo marquis de Cerralbo dans les villes et
nécropoles celtibériques situées près de Torralba,
entre Madrid et Saragosse.

Actuellement ses fouilles intéressent l'âge du
fer. Il a rencontré trois nécropoles celtibériques
de cet âge et les restes d'une ville fortifiée qu'il
identifie avec Arcobriga. Ces nécropoles ont livré
plus de quatre mille sépultures, toutes à incinéra-
tion. A Aguilar, les tombes sont surmontées d'un
stèle en pierre brute; au-dessous se rencontre
l'urne funéraire contenant les cendres avec des
objets de parure en bronze. A côté sont des objets
plus volumineux : pièces d'équipement viril com-
portant un poignard à antennes tout en fer, des
lances effilées, parfois des javelots ou un bouclier
rond, ou des plaques circulaires de bronze s'appli-
quant sur le dos et la poitrine du guerrier. Les
sépultures féminines comprenaient des bracelets
de bronze filiforme, des plaques de ceinture en
bronze estampé et quelquefois une armature de fer
servant à soutenir la haute coiffure portée par les
femmes ibères.

Les pièces relatives au harnachement des che-
vaux sont aussi des plus remarquables. Ces che-
vaux étaient attelés, non montés. La découverte la
plus imprévue a été celle de fers neufs à cheval
jadis garnis de clous.

M. Déchelotte estime que ces nécropoles celtibé-
riques remontent au v* siècle avant notre siècle ou
environ.

M. E. Bottier observe que le buste d'Elche con-
servé au Louvre donne l'aspect de la coiffure féminine
supportée par l'armature en fer trouvée à Aguilar.

La grotte de Montesquieu-Avantès (Ariège). —
M. Salomon Beinach entre dans quelques détails
sur la nouvelle grotte ornée de gravures et de
peintures préhistoriques qui a été découverte par
le comte Begouen. Les animaux figurés sont le bi-
son, le cheval, lo mammouth, peut être un carnas-
sier. Il y a des images de petits chevaux avec des
flèches gravées sur leurs ilancs, procédé magique
dont on connaît déjà des exemples et qui avait pour
objet d'assurer une chasse heureuse. Les dessins
de la nouvelle grotte présentent des particularités
de style qui no s'étaient pas encore rencontrées.

M. S. Beinach annonce à l'Académie qu'il vient
de terminer un recueil de gravures au trait d'après
toutes les œuvres d'art connues de l'âge du renne.

Sépultures préhistoriques. — M. le docteur
Capitan, en son nom et au nom de son collabora-
teur M. Beyrony, donne à l'Académie quelques
explications sur la découverte qu'ils viennent de
faire, dans l'abri sous roche de la Fcrrassie (Dor-
dogue), de deux squelettes d'enfants enterrés dans
deux petites fosses creusées intentionnellement à
l'époque moustérienne. Le rite sépulcral do l'enter-
rement durant les temps quaternaires, encore dis-
cuté jusqu'à ce jour, est ici démontré irréfutable-
ment.

Durant une campagne précédente, au lieudit le
Gap Blanc, près de Lausselle, à 8 kilomètres nord-
est des Eyzies (Dordogne), les deux auteurs avaient
exhumé le squelette d'un homme enterré en ce lieu
à l'époque magdalénienne. Le point où cette dé-
couverte a été faite est un abri sous roche qui a
été découvert, fouillé et vidé par le docteur La-
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