La chronique des arts et de la curiosité — 1912

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ET DE LA CURIOSITÉ

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mur de Triarius, élevé en hâte pour résister aux
pirates.

Bijoux ibériques de l'âge du fer. — M. Salo-
mon Reinach présente des photographies et un
fac-similé en cuivre, exécuté à Saint-Germain,
d'un bracelet en or pesant 110 grammes, et
qui a été acheté à Madrid par M. Ignace de
Bauer. M. Reinach fait ressortir les difficultés
techniques vaincues par l'orfèvre ibérique, et in-
siste sur l'analogie entre ce bijou et le couvre-
oreilles de la Dame d'Elché. Ces objets paraissent
appartenir à la fin du premier âge du fer, c'est-à-
dire au v siècle avant l'ère chrétienne, ou au dé-
but du siècle suivant.

Séance du i octobre
Le service des antiquités d'Egypte. — Dans
son rapport annuel sur les antiquités d'Egypte,
M. Maspero signale deux faits qui dominent
tous les événements archéologiques do cette
année ; l'achèvement du relèvement du barrage
d'Assouan, et la promulgation d'une nouvelle loi
pour la protection des monuments antiques de
l'Egypte.

On a continué la restauration de Karnak, achevé
celle de Dein al Medineh et poussé fort loin celle
du temple de Hibèb, terminé le déblaiement du
pronaos d'Esnéh, poussé rapidement le dégage-
ment des portions méridionales du temenos d'Ed-
fou ; mais ces travaux le cèdent en importance
aux deux faits signalés plus haut.

La surélévation du barrage avait été décidée
en 1905; l'inauguration des parties surhaussées
a eu lieu en septembre dernier. Cette entreprise
peut présenter une grande utilité pour l'Egypte
agricole. Le gouvernement égyptien a tenu fidèle-
ment les engagements qu'il avait pris vis-à-vis du
service des antiquités, et on a reçu tout l'argent
demandé pour essayer de défendre contre les atta-
ques de l'eau les monuments menacés de submer-
sion totale ou partielle. Ceux-ci sont, depuis deux
ans, prêts à recevoir l'assaut, et la publication
de leurs inscriptions est en bonne voie d'exécu-
tion.

Quant à la protection des antiquités d'Egypte,
M. Maspero avait rédigé en 1900 et ROI un projet
de loi qui, revu et amendé par le contentieux, de
l'Etat, donnait à peu près satisfaction. Lord Cro-
mer, qui, au début, s'était proposé de le recom-
mander au ministère égyptien pour servir seule-
ment contre les indigènes, ne put malheureusement
donner suite à ses bonnes intentions, et, en 1903,
le projet fut soumis aux dix-huit puissances des
représentants accrédités auprès de la personne du
khédive. M. Maspero, après le départ de lord
Cromor, continua ses efforts auprès de celui-ci,
puis auprès de sir Eldon Gorst, et enfin auprès do
lord Kitchoner. La loi qui a été publiée au Journal
officiel, le 16 juin dernier, no vaut jusqu'à présent
que pour les Egyptien».

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CORRESPONDANCE D'ALLEMAGNE

L'EXPOSITION DE LA PEINTURE CLASSIQUE EN FRANCE
AU XIX0 SIÈCLE
AU CERCLE DES AMIS DES ARTS
DE FRANCFORT-SUR-LE-MEIN

Voici quelques années déjà, la ville de Francfort-
sur-le-Mcin avait eu la pensée d'organiser une

exposition centennale de la peinture française au
xix" siècle. La mémoire était encore pleine du sou-
venir de la manifestation de 1900 et le plan élaboré
ne laissait pas d'être très vaste. Peut-être est-ce
même le développement donné au projet primitif
qui contraignit à y renoncer? La Société des Amis
des arts de Francfort a repris l'idée, mais en ré-
duisant le programme à la mise en lumière des
maîtres de l'école de 1830 et surtout des chefs de
l'école impressionniste. Un comité constitué sous
la présidence du consul de France, M. Paul
Claudel, a obtenu quelques prêts du musée
du Luxembourg. 115 œuvres figurent au cata-
logue ; les principales ont pour auteurs Dela-
croix, Ghassériau, Corot, Courbet, Millet, Dau-
bigny, Daumier d'une part, et, de l'autre, Puvis do
Ghavannes, Fanlin-Latour, Manet, Degas, Claude
Monet, Renoir, Cézanne, Gauguin et van Gogh.
Sans doute l'ensemble ne peut se comparer à celui
que présentait l'exposition ouverte l'hiver dernier
à Saint-Pétersbourg, et dont M. Monod a parlé
dans la Gazette; mais il faut quand même se ré-
jouir de cet hommage rendu à notre école natio-
nale, en passe de devenir aux yeux de l'histoire,
du consentement unanime de l'Europe, la grande
école de peinture du dix-neuvième siècle.

S.

P.-S. — Le mêms Cercle s'apprête à ouvrir,
pour succéder à celle-ci, une exposition de tableaux
d'un peintre, ami, sinon disciple de Fantin-La-
tour: Otto Scholderer, dont le portrait figure dans
VAtelier aux Batignolles.

REVUE DES REVUES

Revue des Deux-Mondes (D'octobre). — Notre
collaborateur M. Fierons-Gevaert inaugure une
série do « visites aux villes d'art septentrionales •>
par une étude imporlante sur La Peinture à
Bruges, où sont excellemment résumées toutes
les données historiques actuellts sur l'école de
peinture brugeoise depuis le Moyen âge jus-
qu'au xix" siècle, et particulièrement sur les maî-
tres qui en firent la grandeur aux xv" et xvi" siè-
cles: Jean van Eyck, Roger van der VVeyden,
Memlinc, Hugo van der Goes, Gérard David,
Ambrosius Benson, Jean Prévost, Lancelot Blon-
deel, Pourbus l'Ancien, etc.

Mercure de France (1" septembre). — Le
Lyrisme intérieur et la peinture de paysage :
M. Auguste Pointelin, par M. Jules de Gaultier.
« La peinture des paysages dont la face humaine
est exilée, tandis que la sensibilité humaine en
est le grand premier rôle, cette peinture, expression
du lyrisme intérieur, doit être tenue pour un des
modes d'expression où l'art s'affirme selon son
essence la plus pure... Nul peintre au même
degré que M. Pointelin n'a réalisé dans son inté-
grité la conception du paysage sans l'homme. Il
n'est pas d'œuvre peinte où, en raison même do
cette exclusion, une sensibilité humaine s'épanche
avec autant d'intensité. »

Revue des études napoléoniennes (septem-
bre). — A propos du centenaire de 1812, M. Roger
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