La chronique des arts et de la curiosité — 1913

Page: 39
DOI issue: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/cac1913/0049
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
ET DE LA CURIOSITE

39

— Alessandro dol Vita, Angelo di Lorentino
d'Arezzo (4 reprod.).

— Une « Déposition. » de Basaili. La revue repro-
duit hors texte et attribue à Basaiti ce tableau,
récemment acquis par le Musée Brera.

— Rairaello Giolli, L'Art d'Intelvo et son expo-
sition (4 reprod.).

BIBLIOGRAPHIE

Ph. Lauer. — Le Palais de Latran. Étude
historique et archéologique. — Paris, E. Le-
roux, 1911. Un vol. in-ful., de 647 pages, av.
143 figures, 34 pl. en phototypie et un plan.
La thèse de doctorat ès-lettres que M. Ph. Lauer
a publiée récemment est le résultat de nombreuses
années de recherches et de labeur. Il est fort heu-
reux pour nous que ce soit un savant français,
ancien membre de l'École de Rome, qui ait écrit
l'histoire de ce célèbre palais, où se sont passés
tant d'événements de la plus haute importance.

La première partie se compose de sept chapitres :
les origines; le Latran à l'époque des invasions; le
Latran depuis Grégoire le Grand ; la période caro-
lingienne ; le Latran avant et pendant la querelle
des Investitures ; le Latran, d'Innocent III à Boni-
face VIII ; le Latran depuis Bonii'ace VIII. La se-
conde comprend les documents ; on y trouve les
descriptions du Latran par Jean Diacre (xn* siè-
cle) et Panvinio (xvi* siècle) ; les anciens inven-
taires du Latran, du an' au xvi1 siècle ; la des-
cription de la basilique sous Innocent X et de
l'ancienne Pénitencerie au xvuv siècle ; les comptes
de la fabrique de la basilique (1492-1734), etc.

« L'histoire de l'ancien palais médiéval de Latran
et de ses dépendances — dit l'auteur — est si inti-
mement liée à celle de l'Église romaine, depuis le
iv" jusqu'au xiv siècle, qu'il serait hardi de pré-
tendre aborder l'une sans toucher l'autre. La pré-
sente étude se compose donc nécessairement d'élé-
ments variés empruntés tantôt à l'histoire des
papes et tantôt à l'archéologie. »

Il nous est impossible d'indiquer dans ces quel-
ques lignes tout l'intérêt du livre de M. Lauer ;
qu'il nous suffise de citer, parmi les œuvres étu-
diées et commentées, les mosaïques de l'oratoire
de Saint-Venance (vu» siècle), du triclinium do
Léon III et de l'abside de la basilique, (cette der-
nière restaurée par Nicolas IV en 1290) ; les fres-
ques des piliers sous la Scala Santa (xi'-xir siè-
cles) ; celles de la Salle des Archives, représentant
l'histoire d'Ananias et Saphire (xir siècle) ; la cé-
lèbre peinture attribuée à Giotto et figurant Boni-
face VIII annonçant le jubilé de l'an 1300; le tom-
beau du pape Martin V, en bronze ; les fresques
de la bibliothèque du Vatican, donnant des vues
infiniment précieuses de l'ancienne façade de la
basilique, du Santa Sanctorum et de la Scala
Santa, ainsi que l'aspect général de tout le Latran
ru temps de Sixte-Quint, etc.

Il faut féliciter grandement M. Lauer du beau
volume qu'il a consacré au premier palais des
papes et dans lequel nous reconnaissons sa cri-
tique rigoureuse de chartiste. Remercions aussi
l'Ecole française de Rome qui, grâce à l'initiative
de Mgr Duchesne, a supporté les frais de cette
luxueuse publication.

A. Boineï.

Images vénitiennes, par Henri de Régnier. —
Paris, Eontemoing. Un vol. in-8" de 120 pages,
avec phototypies hors texte.
Par ce livre signé d'un nom célèbre et aimé,
l'éditeur Fontemoing inaugure une collection qui
offrira cette singularité d'être illustrée au moyen
de phototypies exécutées directement d'après na-
ture. H y a dans l'économie de ces volumes une
louable recherche de précision documentah'e et
aussi, j'imagine, le désir de laisser à l'écrivain
élu le soin de tirer la leçon nécessaire de spec-
tacles reproduits dans leur humble et stricte réa-
lité. A la copieuse et si souvent vaine littérature
dont la ville des doges a été jusqu'ici l'objet,
M. Henri de Régnier a ajouté des pages durables,
définitives, non pas tant à cause de la noblesse de
leur langage qu'en raison d'une nouveauté d'im-
pressions toutes personnelles où apparaît, à chaque
ligne, la marque d'une sensibilité subtile, avertie
et très artiste. Texte et images constituent un
album d'art et de littérature, comme on disait au
temps du romantisme; il saura raviver le souvenir
des touristes qui visitèrent ces lieux mémorables,
et en éveiller l'idée à l'esprit et aux yeux d'amis
de l'art moins fortunés, qui ne connurent pas les
joies d'un pèlerinage à ces sanctuaires de beauté.

Pierre-Gauthiez. — Contes sur vélin ; — Pro-
menades parisiennes : croquis et fantaisies.

— Paris, Bloud et G". 2 vol. in-16.

Ces chroniques et contes, parus au jour le jour
dans un de nos quotidiens, méritaient de ne pas
sombrer dans l'oubli où tombent rapidement les
articles de journaux ; l'érudit et le poète qu'est
M. Pierre-Gauthiez s'y montrent avec toutes leurs
qualités de sûre documentation, d'évocation pitto-
resque, de sentiment délicat, servies par un style
plein de saveur et de vie.

Comme son maître Gebhart (auquel il consacre
dans le second de ces livres une notice émue),
M. Pierre-Gauthiez — nos lecteurs ne l'ignorent
pas — est un familier de l'Italie du Moyen âge et
de la Renaissance ; de nombreux et beaux livres :
Dante, Luini, Jean des Bandes Noires, Loren-
zaccio, en portent témoignage ; et, comme Gebhart
aussi, il n'a eu qu'à puiser dans les souvenirs que
lui ont laissés ses lectures innombrables ou dans
les visions qu'elles lui ont suggérées pour tracer
des tableaux de vie et de mœurs singulièrement
colorés, où revit soudain une époque, un coin de
pays, une âme d'artiste (Le Retour de Donalello,
La Toussaint de Botticelli). Tous ces contes, ces
notes de voyage sont un régal exquis.

Mais, en même temps, M. Pierre-Gauthiez ne
se désintéresse pas de la civilisation de nos
jours, — trop souvent, hélas ! et à bon droit,
pour s'indigner de la laideur et du vandalisme de
notre époque, pour protester contre les atteintes
portées à la beauté de Paris, de Versailles, de
Saint-Cloud, etc. ; à propos du vol de la Joconde et
d'autres scandales, il fait, avec une franchise et un
courage qui l'honorent, le procès d'une récente
direction des Beaux-Arts ; il s'inquiète des périls
que courent nos trésors d'églises ; il réclame, avec
des arguments qui devraient èlro écoutés, l'entrée
payante dans les musées, etc. Et, à côté de ces
articles de combat, voici dos pages plus sereines,
consacrées à la Cène de Léonard, à Jean Bologne,
à Ligier Richier, à Henner, à Chopin, à Schu-
loading ...