La chronique des arts et de la curiosité — 1913

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N" 28. - 1913. BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6«)

16 Août.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS

PARAISSANT LE SAMEDI MATIN

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l'Union postale)......... 15 fr.

X.e ITuméro : O fr. 25

PROPOS DU JOUR

^KJjp donateur offre à un musée de
(fltëfcJ^ Paris deux tableaux qui, à des
?TK^S.-jft titres divers, sont de nature à in-
téresser. L'administration à qui
est adressée cette offre gracieuse envoie un
de ses fonctionnaires examiner les tableaux.
Une année passe : le donateur ne reçoit
aucune réponse. Par une lettre envoyée à la
Gazette des Beaux-Arts, il conte son aventure
et demande ce qu'il peut faire. Il ne peut que
renouveler ses instances et réclamer au moins
la réponse qui lui est bien due.

Tous ceux qui connaissent ce qu'est une
administration savent que les erreurs et les
retards sont toujours possibles. Il convient
donc de faire la part des contre-temps et des
hasards. Mais il n'en est pas moins vrai que
de pareils incidents sont regrettables. Une
administration attentive sait les éviter. Les
musées sont assurément des établissements
qui réclament chez ceux qui les régissent des
qualités de connaisseurs et d'historiens; ils
réclament aussi des qualités de méthode et
d'organisation, qui sont moins brillantes
peut-être, mais qui ne sont pas moins pré-
cieuses.

Les sympathies des particuliers qui con-
tribuent par leur générosité à l'enrichisse-
ment de nos galeries sont dignes de ménage-
ments. Les musées de notre pays n'ont point
de budgets qui leur permettent de faire tout ce
qui serait souhaitable. S'ils étaient réduits à
leurs seules ressources, il y a bien des docu-
ments, bien des œuvres d'art nécessaires
pour compléter leurs séries ou pour accroître
leur trésor qui leur échapperaient. C'est à ce
besoin que répondent ces Sociétés d'amateurs
qui ont rendu de si grands services. C'est
pourquoi aussi l'initiative des particuliers

est si souvent utile au développement des
collections publiques. Quand elles découra-
gent le bon vouloir des donateurs, les admi-
nistrations publiques commettent une erreur.
Elles ne sont certes pas obligées d'accepter
tout ce qui leur est offert, mais il est bon
qu'elles ne paraissent jamais indifférentes
aux manifestations de la sympathie qu'on
leur témoigne.

Nos lecteurs trouveront ci-dessous la lettre
que vient d'adresser au Directeur de la Ga-
zette des Beaux-Arts notre rédacteur en chef,
M. Roger Marx, et la réponse qu'y a faite
M. Théodore Reinach :

Le 25 juillet 1913.
Mon cher Directeur,
Je vous ai fait part à mainte reprise de la
difficulté que je rencontrais à concilier mes
travaux personnels avec l'exercice des fonc-
tions toujours plus absorbantes de rédacteur
en chef de la Gazette des Beaux-Arts. Votre
extrême bienveillance s'est refusée jusqu'ici
à admettre la réalité de ces représentations.
Sur le point d'atteindre, en octobre pro-
chain, ma vingtième année de service à la
Gazette, laissez-moi vous demander aujour-
d'hui de ne pas prolonger mes fonctions au
delà de cette date jubilaire ; la nécessité de
répondre à trop d'obligations m'exposerait à
ne plus y satisfaire selon ma conscience.
Est-il besoin d'ajouter qu'une telle sépara-
tion, tout amicale, ne peut altérer en rien
les sentiments qui m'unissent à notre chère
maison ? Les meilleurs souvenirs de ma car-
rière y demeurent attachés ; j'en dois le privi-
lège à Charles Ephrussi et à vous-même, mon
cher Directeur, qui depuis sa mort n'avez
cessé de me continuer, pleine et entière, sa
confiance.

C'est avec l'émotion de la gratitude et du
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