La chronique des arts et de la curiosité — 1913

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N- 23. - 1913. BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6«)

7 Juin.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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I_,e numéro : O fr. 25

A partir d'aujourd'hui jusqu'à décembre,
la CHRONIQUE ne paraîtra plus que tous
les quinze jours, suivant l'usage.

Le prochain numéro portera la date du
21 juin.

PROPOS DU JOUR

e tribunal civil de la Seine vient
de rendre un intéressant juge-
ment par lequel un propriétaire
de la rue de Rivoli est condamné
à démolir l'étage dont il avait surélevé son
immeuble. On sait que, depuis dix ans, la
surélévation des maisons de la rue de Rivoli
a provoqué de nombreuses plaintes, qui
étaient absolument justifiées. La grande voie
qui longe le Louvre et le jardin des Tuileries
fait partie d'un ensemble qui a sa beauté, et
auquel il est d'autant plus coupable de tou-
cher que les règlements s'y opposent.

Il serait invraisemblable, si l'on ne con-
naissait les habitudes de l'administration,
qu'une pareille illégalité eût pu être commise
et qu'elle eût pu durer dix ans. Ce n'est pas
cependant que les avertissements aient man-
qué. La Commission du Vieux-Paris a fait
connaître avec son habituelle compétence et
son énergie les doléances si légitimes des
Parisiens. Elle a rappelé les règlements et
les contrats qui imposent à la rue de Rivoli
des constructions régulières. Elle a démontré
qu'en exhaussant les immeubles et en modi-
fiant la forme des toitures les propriétaires
prenaient une liberté défendue et que la Ville
et l'Etat avaient pour rôle, précisément, de
veiller à ce que la règle fût observée. Mais ni
la Ville ni l'Etat n'ont fait autre chose que de
donner aux Parisiens de vagues assurances
et de constater la faute commise par les ar-
chitectes fonctionnaires.

Il a fallu qu'un particulier prît l'initiative
de-faire respecter la loi, puisque les fonction-
naires de la Ville et de l'Etat s'en occupaient
avec si peu de bonne volonté. C'est sur la
plainte d'un habitant lésé par la surélévation
d'une maison voisine, que le tribunal vient
de rendre un jugement duquel il résulte que
la surélévation de la rue de Rivoli est abso-
lument illégale. Une fois de plus l'initia-
tive privée a obtenu ce que l'administration
indécise et lente à s'émouvoir ne semble
môme pas avoir cherché à obtenir. Il y a là
pour les particuliers un enseignement pré-
cieux et un encouragement à protéger eux-
mêmes la beauté de leur ville.

NOUVELLES

**# Trois des tableaux ayant figuré à la
dernière exposition des œuvres du peintre
W.-T. Dannat viennent d'être acquis par
l'Etat. Le musée du Luxembourg, qui possède
déjà plusieurs tableaux de cet artiste, recevra
le Liltle Boy, délicate étude d'une tête d'en-
fant. Les deux autres toiles, intéressantes
copies du portrait de la femme de Rubens
par Rubens, et de celui de Rembrandt par
lui-même au musée des Offices de Florence,
iront au musée de l'Ecole des Beaux-Arts.

*** Un amateur, M. Gustave Thomas, a
légué au musée du Louvre des bustes de
l'architecte Dèlagardelle et de Roland Gran-
don : au Musée Carnavalet deux médaillons
d'Andrieu représentant La Prise de la Bastille
et L'Arrivée du roi à Paris, un médaillon de
Necker en terre cuite, d'autres de Bonaparte
et de Napoléon en argent et en bronze, trois
petites miniatures représentant des intérieurs,
et un lustre de salon, dessiné par Simart,
qui ornait l'atelier de ce dernier.

*** Le Musée de l'Armée vient de s'enrichir
de deux pièces intéressantes : l'une est la
photographie des trois peintres Alphonse de
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