La chronique des arts et de la curiosité — 1913

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LA CHRONIQUE DES ARTS

côté de l'Observatoire. On a couché à leurs
pieds deux tigres en marbre.

#** Dimanche dernier 16 février, a été
inauguré dans la cour de la mairie du
IXe arrondissement un monument élevé par
l'Association des journalistes républicains à
son ancien président, Arthur Ranc, ancien
député. Ce monument consiste en un buste
dû au sculpteur Camille Lefèvre.

**# Un comité vient de se former qui a
pour but de remettre au jour tout ce qui peut
subsister de l'antique Uxellodunum au Puy-
d'Issolu (Lot), de susciter les initiatives et
concours nécessaires à la consécration histo-
rique de ce lieu, et à son classement comme
site historique, de glorifier par un monument
commémoratif les chefs gaulois Lucterius et
Drapyrès qui défendirent Uxellodunum contre
César, etc.

*** On a inauguré la semaine dernière à
Tunis le nouveau musée arabe aménagé dans
les dépendances du palais du Bardo. Dans
trois salles et une galerie, décorées de revê-
tements en bois sculpté, en stuc découpé ou
en faïence qu'on avait recueillis avec soin
dans les démolitions d'anciennes construc-
tions, on a groupé, mieux qu'ils ne l'étaient
jusqu'à présent dans le Musée Alaoni, des
bijoux, des tapis, des armes, des orfèvreries,
des cuivres, des meubles, des vêtements, des
miniatures et des céramiques, parmi les-
quelles une série de superbes carreaux de
faïence provenant d'Asie Mineure.

PETITES EXPOSITIONS

Exposition de la « Société Nouvelle »
(Galerie Georges Petit)
Nouvelle, cette Société le fut. Mais, ne recrutant
guère d'adhérents, on n'y rencontre pas de jeunes
artistes venant affirmer leur science sous l'égide
des maîtres incontestés. Ici, M. Albert Besnard
donne la nostalgie de l'Inde telle qu'il l'a vue, de
ce pays irréel où la joie règne, où les rouges
des tissus, le corps bronzé des hommes brillent
dans de beaux paysages animés de la splendeur des
ciels ; M. Charles Cottet retrace la tristesse des
mers mauvaises sous l'atmosphère basse des jours
sans soleil ; M. Aman-Jean a contemplé Venise
sous les guirlandes, pour dire sa beauté, à laquelle
ont collaboré la nature, l'homme et les années;
M. Emile Glaus est le poète dos villages perdus dans
les brumes, des eaux qui glissent entre les glaces;
M. Henri Martin, en perpétuelle jeunesse, stylise
les paysages dont il peint la beauté colorée ; M. René
Ménard dresse des nus d'une perfection classique
dans des sites aux lignes majestueuses, tandis que
M. Raffaëlli retrace avec esprit le pittoresque des
vieux coins, que M. Maurice Lobre s'efforce de
prêter vie aux choses morles des musées, que
M. Le Sidaner s'attarde aux vibrations lointaines
et toujours semblables qu'il prête aux sites lunaires
bu ensoleillés ; que M. Griveau s'affirme excellent
portraitiste avec la figure de M. l'abbé J. D..
que M. Lucien Simon crie la joie qu'il éprouve à
laver de larges aquarelles, que M. Prinet persiste

dans son souci d'élégance discrète, que M. J.-W..
Morrice ne quitte pas sa distinction innée, que
M. Despiau montre dans ses bustes qu'il a re-
gardé les maîtres de la Grèce, et que M11' Jane
Poupelet exprime, avec un talent viril, l'éternelle
et inspiratrice beauté du corps féminin.

Les « Quelques »
(Galerie Barbazanges)
Dans l'aridité des expositions féminines ouvertes,
un peu partout, cet ensemble apparaît comme une
oasis de fraîcheur et de sincérité. Tandis que
Mmo Jane Poupelet montre clans ses esquisses
qu'elle possède au plus haut degré le sens du
rythme et du plastique, que Mm" Olga Popoff
confesse l'influence de Rodin, que Mlu Geneviève
Granger modèle des figures pleines de grâce,
M"" Dannemberg, volontaire et appuyée, conte ses
impressions d'Italie, M"» Esther Dumas note avec
finesse ses sensations de voyage, Mlu Gahun groupe
l'harmonie des tons les plus délicats s ms prétexte
d'un intérieur de modiste, M"" Tirman brosse
hardiment de lumineux paysages, M"'e Hudson
excelle à rendre l'atmosphère mélancolique de cer-
taines rues de Londres, M"18 Béatrice How montre
de délicieux bébés dans un coloris fait d impré-
cision évocatrice, Mra" Mutermilch oppose son
talent âpre et pessimiste aux figures d'une élégance-
précieuse qui font grand honneur à M11* Andrée
Karpelès. Enfin, aux côtés de Mm" Florence Esté,
Marie Gazin, Boznanska, Boyd, Jeanne Duranton,
Jeanne Jozon, Paule Séailles, M"" Galtiei'-Boissière-
vient rappeler que si l'on s'avisait de recueillir
dans un jardin les roses de nos peintres, les
siennes y figureraient aux premières places.

Exposition annuelle d'un groupe d'Artistes
(Galerie Druet)

Cette agréable exposition ne nous apprend pas.
grand'chose : les envois de M. Charles Guérin
confirment que ce peintre possède une technique
parfaite; M. Paul Baignères semble influencé par
la manière de Bonnard; la certitude et la perfec-
tion du goût de M. Georges Desvallières se confes-
sent dans ses tableaux ; une Ailée de parc de
M. Jules Flandrin est délicieuse de calme poétique
et de recueillement; M. Rouault, dans un album
de dessins rehaussés, montre un sens tout parti-
culier de l'ironie et de la satire, et M. Dethomas
sait unir la grâce à la force, tandis que Mm' Marval
reste audacieusement coloriste, M. Albert Marque,,
sincère et ému devant la gracilité des formes
adolescentes, et que M. André Marc cherche à
donner à ses reliures le charme des couleurs
vives.

Exposition Maurice Ciiabas
(Galerie Devambez)
M. Maurice Ghabas aime les grandes lignes dé-
coratives ; il communique quelquefois l'impression
émue que lui procura la beauté d'un gulfe ou la
grandeur d'un horizon ; mais le meilleur et l'inté-
ressant de son exposition, ce ne sont pas les
scènes nébuleuses, à prétentions puérilement phi-
losophiques, qui s'annoncent sous le titre dé-
clamatoire : « Vers l'infini. — Méditation, calme,,
sérénité ».

Exposition Simon Bussy
(Galerie Blot)
Les notes de voyage de M. Bussy le montrent
épris de l'optimisme que répand le rose des.
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