La chronique des arts et de la curiosité — 1913

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LA CHRONIQUE DES ARTS

Le musée de Bruxelles a consenti à envoyer
à cette exposition ses trois David : le Maral
assassiné, le Portrait d'un jeune garçon, et le
Portrait du musicien Devienne, ainsi que le
tableau d'Ingres Auguste écoutant la lecture
de U « Enéide ».

M. Charles Saunier rendra compte de cette
manifestation dans la Gazette.

*** Les remaniements eit'ectués en ce mo-
ment dans les voies qui longent la place de
la Concorde ont mis au jour, à, trois mètres
au-dessous du sol, une canalisation en poterie
vernissée que l'on a reconnue avoir fait par-
tie de l'aquëduc des Tuileries construit par
Bernard Palissy pour Catherine de Médicis.

Le samedi 15 mars, à neuf heures du
soir, aura lieu, à la Sorhonne, sous les aus-
pices de la Société des Amis des Cathédrales,
une conférence (avec projections) de notre
collaborateur M. Marcel Reymond sur L'Art
du vitrail.

*** La Société française de l'Art à l'Ecole
invite ses adhérents à visiter le dimanche 16
mars, à 10 heures du matin, le nouveau théâ-
tre des Champs-Elysées, 13, avenue Mon-
taigne.

#*# Lé Comité de la Société Nationale des
Beaux-Arts, dans sa séance du 31 janvier, et
le Comité de la Société des Artistes français,
dans sa séance du 10 février, ont tour à tour
émis le vœu que les parties les plus belles de
la forêt de Fontainebleau, fussent classées,au
sens le plus efficace du mot, c'est-à-dire con-
sidérées comme beautés intangibles et respec-
tueusement administrées.

**# On se souvient qu'en janvier 1912 des
cambrioleurs avaient dérobé au musée de
Reims, une boîte à mouches offerte à la ville
de Reims par Louis XVI le jour de son sacre.

Les recherches permirent de mettre en état
d'arrestation deux des voleurs, le nommé
Jean Chauveau et la fille Germaine Figard,
qui, en juillet dernier, furent condamnés par
la Cour d'assises de la Marne respectivement
à cinq ans de travaux forcés et à deux ans
de prison.

Mais le chef de la bande, René Ferrand,
réussit à échapper à toutes les poursuites. La
Cour d'assises de la Marne vient de prononcer
contre lui, par contumace, la peine de vingt
années de travaux forcés.

#** Le Centre de tourisme de Compiègne
et la Société historique de Compiègne, d'ac-
cord avec l'administration des forêts, vien-
nent de faire déblayer les ruines gallo-ro-
maines du Mont-Berny, près de Pierrefonds.

C'est une station qui remonte à la plus
haute antiquité : elle fut habitée à la période
de la pierre polie et devint, sous l'occupation
romaine, une cité que traversait une « voie »
appelée plus tard « chaussée Brunehaut ».

En 1865, Napoléon III y fit pratiquer des
fouilles qui donnèrent d'heureux résultats.
On mit au jour les ruines d'un temple et de
thermes, et des objets gallo-romains qui fu-
rent transportés au palais de Compiègne,
puis, en 1871, au musée de Saint-Germain.

*** Le ministre de l'Instruction publique
d'Italie vient de proposer l'acquisition par le
gouvernement de la statue de Saint Jean-
Baptiste par Donatello, appartenant aux com-
tes Martelli, de Florence. Le prix fixé, 400.000
francs, ei-t bien inférieur à la valeur com-
merciale de l'œuvre, mais la loi de 1909, qui
interdit l'exportation des œuvres d'art, oblige
les propriétaires à ces sortes de générosité»
envers l'Etat italien.

Les comtes Martelli se seraient, en outre,
engagés à céder à l'Etat, au prix de 200.000-
francs, au cas où ils se décideraient à la
vendre, une autre sculpture de Donatello re-
présentant leurs armoiries............

**# A l'occasion du centenaire de la mort
de Grétry, la Société des artistes de Liège a
conçu le projet de transformer en musée la
maison natale de l'illustre musicien, sise rue
des Récollets. Là seront réunis, dans un décor
bourgeois du dix-huitième, siècle, des auto-
graphes et des souvenirs du maître ; le Conseil
communal a voté un subside de 10.000 francs
pour la création du musée.

PETITES EXPOSITIONS

« La Phalange ;»
(Galerie Chaîne et Simdnson)
Au premier rang de cette réunion d'artistes, on
rencontre M. Augustin Carrera, plus que jamais
épris des lumières ensoleillées et de leurs mobiles
beautés qui ruissellent peur lui sur les paysa-
ges et les figures. A ses côtés sont M. Léon Gauvy
avec ses vues d'Alger, M. Pierre Gourdanlt avec
ses types bédouins qui seraient d'un Dinet vigou-
reux, M. Jules Adler et M. Marcel Gosson,M.Léon
Félix et M, Luigini, puis quelques paysagistes .:
MM. Henri Grosjean, Communal, Pointelin, John
Noble. M. E.-P. Ulmann s'exprime avec une jolie
et un peu superficielle élégance, et M. Avy a pris
plaisir à grouper des Fruits sous la lampe à la
manière dont on les trouve parfois dans les acces-
soires des grandes fresques italiennes du xvn* siè-
cle. En tout, cette « Phalange » peut soutenir
vaillamment le combat, mais sans espérer d'écla-
tante victoire.

« L'gîuvre libre ))

(Galerie Devambez)
L' « Œuvre libre » a choisi comme exposant d'hon-
neur M. Zuloaga, qui fait admirer de beaux poèmes
d'audace et de certitude, mais dont ne peuvent se
réclamer aucun de ses voisins dans cette galerie ..
La plupart de ceux-ci laissent indécises et bru-
meuses leurs plus jolies idées : tel M. Jules de
Kollmann dont les peintures sont exquises d'inten-
tion et belles couleurs; M. Henry-Robert Mortier,
délicat et ému, est hanté, çà et là, par le souvenir
des panneaux fleuris de M. Odilon Redon. M. Jean
Arnavielle montre des paysages extrêmement ha-
biles; M. Altmann, nuancé et agréable, est plus
décoratif que profond ; les études de M. Malherbe
sont sincères et. lumineuses, et les dessins de
M. Francis Smith ne sont pas dénués d'attraits.
Enfin, M"' Yvonne Mortier-Smith a envoyé, avec
quelques bustes, une étude de torse d'un réalisme
consciencieux.
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