La chronique des arts et de la curiosité — 1913

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N- 24. - 1913. BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GËRMAIN (6') 21 Juin.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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Le Numéro : O fr. 2 S

PROPOS DU JOUR

Ç&.^Âïê*- E sous-secrétariat des Beaux-Arts
'fcïi.P^Ï a eu ^''dée de commander un en-
j^Ry^j^V semble décoratif à deux artistes
Ogïè^A* encore jeunes et déjà remarqués.
C'est une initiative à laquelle il sied d'ap-
plaudir, et l'on n'y saurait manquer ici : que
de fois a été attirée l'attention des pouvoirs
publics sur les encouragements que mérite
l'art ornemental ! que de fois ont été réclamés
pour lui le même traitement, les mêmes soins,
les mêmes libertés que pour l'architecture ou
la peinture !

Un usage un peu arbitraire, et d'ailleurs
assez récent, voulait que les commandes de
l'Etat fussent adressées presque exclusive-
ment aux peintres et aux sculpteurs. Les
■artistes décorateurs n'étaient invités qu'à
donner des œuvres isolées ou des fragments.
Bien plus : lorsqu'une occasion se présentait
de créer un ensemble décoratif, un mobilier
pour un palais national, l'administration
préférait la sécurité des copies anciennes à
l'aventure d'un ensemble moderne. Il faut
l'avouer, les exemplaires fournis par les ar-
tistes dans certaines expositions n'étaient
pas sans justifier ces appréhensions, et la
réserve du monde officiel avait ses excuses.
Mais avec cette méthode les artistes ris-
quaient de n'avoir jamais la possibilité d'es-
sayer leurs forces et de montrer de quoi ils
■étaient capables.

Il est donc fort heureux que le sous-secré-
tariat des Beaux-Arts ait eu le courage de
courir la chance d'une décoration toute neuve
et de confier l'aménagement complet d'un de
ses salons à deux artistes qui onttoute liberté.
Ils devront, naturellement, tenir compte du
caractère des appartements qu'ils décorent et
des circonstances. Mais cette restriction n'est

pas une gêne : elle est la conséquence d'une
loi nécessaire, et il n'y a pas de décoration
sans l'appropriation logique des œuvres à
leur destination. Ce que les artistes auront à
faire d'ailleurs leur laisse toute latitude :
ils auront la responsabilité de l'ensemble, de
l'éclairage du plafond comme des tapis, des
peintures murales comme des rideaux, des
boiseries comme des meubles. On ne se plain-
dra pas que l'Administration ait été timide
ou bien ait manqué de confiance. Elle s'est
inspirée des meilleures traditions des mé-
cènes : c'est aux artistes â montrer qu'à leur
tour ils savent à la fois créer et s'inspirer des
meilleures traditions décoratives.

NOUVELLES

*** Ont été inaugaurés pendant la dernière
quinzaine :

Le samedi 14 juin, à Paris, au cimetière
Montmartre, un monument à la mémoire du
peintre Jules Lefebvre, œuvre du statuaire
Ernest Dubois et de l'architecte Samson ;

Le dimanche 15 juin, à Sceaux, dans le
jardin de Florian, un buste de Paul Mariéton,
œuvre du statuaire Henri Gréber;

Le même jour, au lycée de Nantes, un
buste de M. cle Caumont, ancien proviseur,
œuvre du sculpteur Lareux.

*** Le peintre Walter Gay, qui avait déjà
offert au musée du Louvre, au lendemain de
l'Exposition des Primitifs français en 1904,
un précieux Portrait de femme de l'école fran-
çaise du xv« siècle, vient de donner une nou-
velle preuve de sympathie à notre musée
national en lui faisant don de plusieurs œu-
vres modernes d'un grand intérêt : d'abord,
une esquisse de J.-F. Millet, Le Repas des
moissonneurs, peinte à l'huile sur papier en
vue du tableau du Salon de 1853 aujourd'hui
au musée de Boston ; puis, du même maître,
un torse de jeune fille nue ; des études de
Corot et de Théodore Rousseau; enfin, un
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