La chronique des arts et de la curiosité — 1914(1916)

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N» 1. — 1914.

BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6')

3 Janvier.

LA

CHRONIQUE DES ART

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS

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PROPOS DU JOUR

'Académie des Beaux-Arts a, dans
l’une de ses dernières séances, voté
le texte d’un vœu qui a eu beau-
coup de retentissement. Elle a ex-
primé le désir que rien des terrains que la
France possède à Rome autour de la Villa
Médicis ne fût aliéné. Il s’agissait pour elle
de rendre impossible un projet de lotisse-
ment, qui, s’il y avait été donné suite, aurait
eu pour effet cle laisser vendre des terrains
■qui se trouvent sur le Pincio et de compro-
mettre l’aspect du paysage que forment les
jardins de la Villa.

L’émotion de l’Académie des Beaux-Arts a
été partagée par tous ceux qui connaissent
Rome. Il était naturel qu’elle fût particuliè-
rement ressentie dans un Institut dont la
plupart des membres ont passé leurs années
de jeunesse dans la Ville Eternelle et connais-
sent le charme de ce qu’il s’agissait de dé-
truire. Quand l’un d’entre eux a mis sous les
yeux de ses confrères le plan de Rome où
étaient marquées les modifications projetées,
les protestations ont été unanimes. Le cri
d’alarme jeté par l’Institut a été entendu de
tous. Il a traversé la presse et entraîné un
tel mouvement d’opinion que la cause semble
jugée.

Il peut venir un jour où la municipalité de
Rome entreprendra des travaux qui modifie-
ront l’aspect de certains quartiers. Toutes les
villes anciennes ont ainsi à discuter le pro-
blème difficile que pose la nécessité de sauve-
garder le culte du passé et d’accepter certaines
transformations modernes. Mais il ne semble
pas que la municipalité romaine, en ce mo-
ment du moins, veuille hâter l’heure du bou-
leversement fâcheux, et ce n’est pas à nous
■de la précipiter.

Notre premier devoir est de sauvegarder (si
vraiment il est menacé) le précieux décor que
forment les propriétés françaises dans cette
partie de Rome. Il convient seulement d’ob-
server que le projet accueilli par une si géné-
reuse indignation se prêtait à des combinai-
sons dignes d’intérêt, comme celle qui eût
rapproché de la Villa l’Ecole française, au-
jourd’hui fort à l’étroit, avec sa bibliothèque,
dans son noble logement du Palais Farnèse.
Avant de renoncer à réunir sur la colline con-
sacrée à la mémoire de Poussin et de Claude.
Lorrain les jeunes artistes de France et les
jeunes historiens dont quelques-uns seront
des historiens de l’art, peut-être est-il sage
d’attendre l’avis le plus autorisé, celui du
maître français qui a pour domaine les om-
brages et les vues du « Bosco ».

NOUVELLES

*** Après avoir été exposée trois jours à
Milan, la Joconde est arrivée mercredi 31 dé-
cembre à Paris et y a été reçue par MM. Va-
lentino, ch» f de division au sous-secrétariat
d’Etat des Beaux-Arts, et Pujalet, directeur
de la Sûreté, générale. Elle a été conduite
aussitôt à 1 Ecole des Beaux-Arts. Là, dans le
cabinet de M. B mnat, qui est à la fois direc-
teur de l’Ecole et président du Conseil des
musées, a eu lieu la reconnaismce officielle
du chef-d’œuvre retrouvé. Me Cott n, notaire,
a apporté le pli cacheté où M. Leprieur avait
naguère enregistré les caractéristiques du
panneau. Grâce à ces documents, M Leprieur
a achevé, en présence de M Jacquier, sous-
secretaire d’Etat, de démontrer jusqu’à l’évi-
dence que le tableau retrouvé est bien le
même que le tableau volé.

M. Drioux, juge d’instruction, de son côté,
a rapporté le cadre donné par Mme la com-
tesse de Béarn, et qui avait été confié à la
justice comme pièce à conviction, et pendant
trois jours la Joconde a été exposée, au profit
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