La chronique des arts et de la curiosité — 1914(1916)

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N* 1 1. — 1914.

BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6')

14 Mars.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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PROPOS DU JOUR

e Conseil d’Etat va se prononcer
sur une question qui met en réa-
lité en cause toute la loi de pro-
tection sur les paysages. On sait
que cette loi, votée en 1906, s’est trouvée en
fait sans efficacité pour deux raisons : l’une
est que le classement prévu par cette loi a
été très rarement obtenu ; l’autre est que le
classement obtenu est difficilement respecté.

L’affaire soumise à l’examen du Conseil
d’Etat montre comment la loi peut être aisé-
ment tenue pour inexistante, si l’on n’y met
bon ordre. Il s’agit du parc de Watteau à
Nogent-sur-Marne, que la municipalité veut
couper par une route inutile et qui est de na-
ture à défigurer le paysage. Ces charmants
ombrages ont été protégés par la loi de 1906
et la Commission des sites du département
de la Seine a émis un avis favorable au
classement qui a été prononcé.

Il semblait donc que le parc était sauvé.
Mais la procédure a des ressources infinies,
et les défenseurs de la route ne se sont pas
tenus pour battus. Us réclament aujourd’hui
du Conseil d’Etat un décret déclarant les tra-
vaux d’utilité publique. Par ce subterfuge, il
•s’agit de faire tomber le bon effet de la loi
de 1906 et de détruire au nom de l’utilité pu-
blique le paysage protégé par la loi au nom de
la beauté des sites. L’arrêté de classement a
été pris pour des considérations d’intérêt
général. Peut-il être supprimé par cette en-
treprise oblique ? Le Conseil d’Etat répondra.
De sa réponse dépend le sort de la loi de 1906.
On peut dire que, s’il est acquis que le classe-
ment obtenu en faveur des paysages ne suffit
pas à les protéger même devant la loi, c’en
est fait des textes votés en 1906. Le vanda-
lisme aura beau jeu, et il faudra trouver con-
tre lui d’autres moyens de lutter.

NOUVELLES

*** La Chambre des députés a voté à
mains levées, dans sa séance du 11 mars, sur
la proposition de M. Emile Constant, une
proposition de loi autorisant le ministre des
Affaires étrangères « à offrir au gouverne-
ment espagnol le chanfrein et les pièces ac-
cessoires de l’armure de Philippe II actuel-
lement conservées au Musée de l’Armée ».

C'est la confirmation légale de la regret-
table transaction contre laquelle nous nous
étions élevés ici même il y a six semai-
nes et que nous persistons à déplorer (1).

Le président de la Société des Amis du
Louvre, M. Raymond Kœchlin, nous informe
quelles Amis du Louvre, n’ayant pas à inter-
venir dans l’affaire delà cession de l’armure de
Philippe II à l’Armeria de Madrid, n’avaient
introduit aucune instance contre l’Etat.

*** Sur l’initiative du docteur Verneau, di-
recteur du Musée d’ethnographie du Troca-
déro, et de M. Berliaud, conservateur, un
certain nombre de personnalités scientifiques
et parlementaires se sont réunies afin d’étu-
dier la situation du musée. Pour assurer
l’accroissement des collections, l’assemblée a
décidé de créer une Société des Amis du
Musée d’ethnographie dont les statuts seront
prochainement élaborés.

*** Le peintre Gaston Mélingue, mort ré-
cemment, dernier représentant d’une famille
d’artistes qui se distinguèrent au théâtre,
dans la peinture et la sculpture, a laissé par
testament à la Ville de Paris l’hôtel long-
temps habité par sa famille, dans la rue Le-
vert. Cet hôtel contient des collections d’ob-
jets d’art qui seront réparties entre le Lou-
vre, Carnavalet,- Cluny, le Musée de l’Armée,
la Comédie-Française, l’Odéon, les musées de

(1) V. Chronique des Arts du 31 janvier, p. 34. —
Notons que la Gazette des Beaux-Arts a donné
jadis (mars 1894), avec un article du regretté Mau-
rice Maindron, une grande reproduction hors texte
en phototypie du chanfrein qui va quitter nos
collections.
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