La chronique des arts et de la curiosité — 1914(1916)

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N* 6. — 1914.

BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6«)

7 Février.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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PROPOS DU JOUR

N a beaucoup parlé depuis quelques
^Tlîf jours d’un différend survenu à
propos d’une copie de meubtes
anciens qui avaient été prêtés par
un particulier à un musée de Paris. Un procès
■doit même être jugé prochainement. Il n’y
a pas lieu ici d’examiner les circonstances
particulières de ce litige ni d’en prévoir la
conclusion. Seule la question de principe dans
sa généralité peut retenir notre attention.

Les objets placés dans un musée peuvent-
ils être copiés? Il faut distinguer le cas où les
objets appartiennent au musée et le cas où ils
se trouvent en dépôt. Quand des objets appar-
tiennent à un musée, il semble bien que la
coutume soit d’accord avec les lois. Peintres,
sculpteurs, ornemanistes obtiennent le droit
de copie ; ils l’obtiennent si aisément, même,
que les musées sont encombrés de copistes et
■que le public souhaite de voir examiner avec
un peu de rigueur leurs innombrables re-
quêtes. Mais quoi qu’il en soit de l’abus,
l’usage n’est pas douteux. Les musées accor-
dent généreusement à tous le droit d’étudier,
de reproduire tous les ouvrages qu’ils possè-
dent.

Mais ils ne peuvent donner que ce qui est
à eux. Quand un collectionneur, tout en
demeurant propriétaire d'une oeuvre d’art,
songe à la placer dans un musée, ne réserve-
t-il pas tous ses droits? N’est-il pas libre en
particulier d’accorder ou de refuser le droit
de reproduction ? N'est-il pas possesseur et
ne garde-t-il pas tous les privilèges que le
Code lui reconnaît? C’est une question de
savoir s’il est ou s’il n’est pas souhaitable
que les choses soient ainsi réglées. On pour-
rait même imaginer que les musées n’accep-
tent à l’avenir de dépôt que si le propriétaire

consent à mettre les ouvrages déposés sous
le même régime queles objets appartenant à
l’Etat. On pourrait faire d’autres hypothèses
encore, plus favorables à l’étude qu’à la pro-
priété. Mais tout cela ne serait que contro-
verse et possibilité. La réalité présente, telle
qu’elle résulte de la loi, c’est bien, semble-
t-il, que le possesseur d’un ouvrage,, même
d’un chef-d’œuvre, en est maître, et il n’y a
d’autres limites à son droit que celles qui ont
été définies récemment par une innovation
digne de remarque, dans la nouvelle loi sur
les monuments historiques.

NOUVELLES

*** Par décret en date du 23 janvier, et en
modification au paragraphe 1er de l’article 3
du décret du 19 juidet 1912, le traitement du
directeur des Musées nationaux et de l’Ecole
du Louvre est fixé à 15.000 francs.

*** L’administration des musées nationaux
vient de faire une tentative intéressante. Elle
a installé dans la Grande Galerie du musée
du Louvre, entre la salle Rembrandt et la
galerie de l’école allemande, un dépôt de gra-
vures des ateliers de chalcographie du mu-
sée. L’administration estime atteindre ainsi
le public peu familier avec les magasins de
vente situés au second étage de la galerie du
bord de l’eau, et croit obtenir par la vente de
ces épreuves un complément de ressources
devenu indispensable.

*** Par arrêté du ministre de l’Instruction
publique et des Beaux-Arts en date du 2 fé-
vrier 1914, a été nommé memb e du Conseil
supérieur (l’enseignement du Conservatoire
national de musique et de déclamation, pour
la section des études musicales, en remplace-
ment de M. Massenet, décédé, M. Théodore
Dubois, membre de l’Institut, directeur hono-
raire du Conservatoire national.
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