La chronique des arts et de la curiosité — 1914(1916)

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N- 10. — 1914.

BUREAUX: 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e)

7 Mars.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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PROPOS DU JOUR

e prolongement de la rue de Rennes
est une de ces nombreuses entre-
prises avec lesquelles la Ville de
Paris dépense les fonds de son
emprunt. Il aura pour conséquence un jour
la création du déplorable pont compliqué qui
doit remplacer le pont des Arts. Il aura pour
effet immédiat la démolition de vieux biti-
inents dépendant de l’Institut.

L’Institut a accepté la perspective de voir,
dans l’avenir, son édifice encadré par deux
larges rues nouvelles qui, partant de la rue
de Rennes, viendront l’une jusqu’au quai
Malaquais, l’autre jusqu’au quai Conti. Mais
cette concession est déjà si considérable
qu’on imagine bien qu’il ne prétend pas la
faire sans compensation. L’Institut demande
tous les terrains qui lui étaient déjà promis
du temps d’Haussmann. Il veut, en outre,
qu’on démolisse successivement les bâtiments
existants, et seulement à mesure que les
nouvelles constructions seront achevées. Et
il a bien raison.

Les garanties que l’Institut demande sont
indispensables. Il n’a pas beaucoup de place.
Il sera trèa heureux, en particulier, de pou-
voir donner à sa bibliothèque une installa-
tion nouvelle. Mais comme il a trouvé moyen
de vivre et de travailler dans les conditions
aujourd’hui existantes, il ne peut les aban-
donner à la légère pour les livrer au gâchis
des projets administratifs. Il y a quelque
chose qui serait bien plus grave que de gar-
der les bâtiments actuels, si étroits et si
vieux soient-ils : ce serait de passer vingt
ans dans le désordre et le provisoire.

Il n’est pas sûr que la Ville de Paris soit
très satisfaite des conditions posées par
l’Institut. Mais l’Institut est dans son droit

absolu. Il a bien fait de dire nettement son
avis, et toute l’opinion est avec lui. La Ville
cédera sans doute. Et si, d’aventure, elle ne
cédait pas, elle renoncerait à prolonger la
rue de Rennes, et l’on sait que le mal ne
serait pas grand.

NOUVELLES

*** Dans sa dernière séance, le Conseil des
Musées nationaux a accepté plusieurs dons
faits à l’Etat.

Au musée du Louvre, le musée des anti-
quités grecques s’enrichira d’une belle stèle
funéraire du ive siècle, offrant en haut-relief
un vase dit loutropliore, pièce exceptionnelle
offerte par la Société des Amis du Louvre.

Dans la galerie d’Apollon sera placé un re-
liquaire en argent niellé, delà lin duxuie siè-
cle, particulièrement précieux. Il est en forme
de fruit, s’ouvrant sur charnières. C’est une
pièce unique dont on ne connaîtpoint jusqu’à
présent d’analogues.

Enfin, le musée du Luxembourg recevra,
avec une grande aquarelle du peintre suédois
Larsson, figurant une jeune fille endormie,
trois toiles importantes : un portrait de M.
Wertheimer, dû à sir J.-E. Millais, daté de
1888 et offert à l’Etat par Mme Wertheimer ;
un beau portrait de femme exécuté en 1850
par Louis Devedeux, donné par M. Clémentel,
ancien ministre, et une Fête champêtre de
M. Dagnan-Bouveret, datée de 1892, représen-
tant un groupe de paysans écoutant un jeune
laboureur jouer du violon.

*** La protestation à laquelle la Chronique
s’est associée (l)contre la cessions l'Espagne,
de cinq pièces d’une armure de Philippe II
conservées au musée d’Artillerie, a été suivie
d’autres protestations de la part de diverses
Sociétés et dans la presse. Après la Société
Nationale des Antiquaires de France, la So-

(1) V. la Chronique des Arts du 81 janvier, p. 34.
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