La chronique des arts et de la curiosité — 1914(1916)

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N- 8. — 1914.

BUREAUX : io6, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6«)

21 Février.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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PROPOS DU JOUR

a discussion du budget des Beaux-
Arts, qui n’a rien appris de nou-
veau, a été cependant l’occasion
d’une déclaration intéressante. Le
sous-secrétaire d’Etat, interrogé sur le Musée
Rodin, a annoncé que les pourparlers étaient
sur le point d’aboutir. C’est une heureuse
nouvelle. On sait que le grand sculpteur a
promis jadis à l’Etat de lui faire don de ses
œuvres. Un projet de donation avec charges
est prêt à être signé, et l’on peut prévoir que
l’accord entre l’Etat et l’artiste sera bientôt
définitif. C’est à ce moment que le gouverne-
ment demandera au Parlement des crédits
afin de pouvoir organiser le musée. Il n’est
(pas douteux que le Parlement ne les accorde
et ne comprenne quel intérêt s’attache à ras-
sembler et à déposer dans leur ensemble ces
■œuvres importantes pour l’histoire de l’art de
notre temps, que les musées étrangers ont
souvent désiré acquérir et que le grand sculp-
teur a gardées pour son pays.

Une autre question importante est celle de
la transformation du Jeu de Paume en salle
•de musique. On sait combien de temps et
d’efforts les partisans d’une salie de musique,
qui fait défaut à Paris, ont dépensés pour
donner à leur projet une forme précise, et
pour faire connaître les raisons qui parais-
sent le rendre non seulement acceptable, mais
avantageux pour l’Etat. La principale objec-
tion porte sur l’aspect des Tuileries, et c’est
•elle qui a été examinée hier à la Chambre.
Le monument qui existe actuellement n’a pas
d’intérêt historique : il peut donc être modifié
de détail. Mais l’ensemble du paysage formé
,par la place de la Concorde et le jardin a un
intérêt artistique de premier ordre. Cela, per-
sonne ne le conteste, et tout le monde est

d’accord pour désirer que les Tuileries de-
meurent intactes. Il résulte de la discussion
que la Commission chargée de se prononcer
sur le débat est très divisée, et le gouverne-
ment sera appelé à délibérer. Il n’est pas be-
soin de dire que la perspective des Tuileries
doit être protégée ; mais il ne paraît pas
qu’elle soit menacée. Sa sauvegarde est, en
tout cas, la condition sous laquelle le projet
pourra être accepté.

NOUVELLES

*** Le jury spécial constitué pour rendre
son jugement définitif dans le concours pour
la nouvelle monnaie de nickel, s’est réuni
mercredi dernier à la Monnaie et a choisi,
entre les dix projets dont nous avons parlé,
celui de M. Emile Lindauer, qui recevra une
somme de 20.000 francs. Il a classé à sa
suite les deux sculpteurs Victor Peter et
Becker, qui recevront des primes de 2.000 à
1.000 francs.

*** Dimanche dernier 15 février a eu lieu
l’inauguration, dans le vestibule de la Cour
des Comptes, du médaillon de l’architecte
Moyaux, auteur de cet édifice, médaillon dû
au sculpteur Vermare.

Le même jour a été inauguré au cimetière
du Père-Lachaise un buste de Jules Vallès.

*** Le Musée Carnavalet vient de s’enri-
chir d’objets historiques et d’œuvres d’art
dont M. Pierpont Morgan a fait don à la
Ville de Paris. Beaucoup de ces objets ont
appartenu à Marie-Antoinette. On y remar-
que, notamment, un éventail, un étui-néces-
saire, une lorgnette, un rouet à main, une
broche ornée d’un camée et un médaillon
renfermant des cheveux de la reine. Il y a,
en outre, des collections complètes de mé-
dailles frappées à l’effigie de Louis XVI et
des médaillons de la reine, des biscuits et
des bustes.
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