La chronique des arts et de la curiosité — 1914(1916)

Page: 58
DOI issue: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/cac1914_1916/0090
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
58

LA CHRONIQUE DES ARTS

M. Pierpont Morgan a aussi fait don à la
Ville de Paris d’un gant ayant été porté par
Napoléon Ier, d’un soulier de la princesse
Pauline Borghèse, d’une broche ayant appar-
tenu à la reine de Naples et d’un verre à
boire qui fut la propriété de Madame Mère.

*** Le Comité des Inscriptions parisiennes
a arrêté le texte de la nouvelle inscription qui
sera placée sur la grotte du Luxembourg, dès
que seront terminés les travaux actuels de
réfection de ce monument.

La nouvelle inscription rappellera que la
grotte fut édifiée de 1624 à 1630, qu’elle fut
changée de place en 1862 et rétablie à l’empla-
cement qu’elle occupe à présent par A. de
Gisors. C’est à l’occasion de ce transfert que
fut adjointe à la grotte la piscine de Napo-
léon que l’on voit aujourd’hui, bordée de pla-
tanes et ornée de vases décoratifs. On plaça
dans la niche centrale le Polyphème surpre-
nant Acis et Galathée, du sculpteur Otters, et,
dans les deux autres niches, Pan et Diane, du
même artiste. Au revers de la fontaine, l’ar-
chitecte Gisors plaça le bas-relief de Léda,
du sculpteur Vallois, provenant de la fontaine
élevée sous le premier Empire à l’angle de la
rue du Regard et de la rue de Vaugirard, qui
fut supprimée par le percement de la rue de
Rennes.

*** Il existait déjà, dans plusieurs arron-
dissements de Paris, des Sociétés ayant pour
objet d’étudier l’histoire et les antiquités lo-
cales. Mais, par un singulier hasard, le quar-
tier le plus ancien, le plus riche en monu-
ments et en souvenirs, celui du Louvre et des
Tuileries, ne possédait encore aucun groupe-
ment de cette sorte. A la suite d’un Congrès
d’études historiques qui s’est tenu à l’Hôtel
de ville, quelques érudits se sont décidés à
combler cette lacune et à fonder une Société
nouvelle qui s’appelle « Le Centre de Paris »,
et le premier numéro de son bulletin trimes-
triel vient de paraître avec une préface de
M. Jules Guiffrey.

*** Par décret du président de la Républi-
que en date du 10 février 1914, le ministre de
l’Instruction publique et des Beaux-Arts est
autorisé à accepter, pour le musée national
Adrien Dubouclié, à Limoges, une somme de
40.000 francs léguée à cet établissement par
Mme Jeanne-Françoise-Ermance Bisquet,
veuve de M. Adrien-François-Louis Bourcin-
Dubouché. Cette somme sera convertie en
rente sur l’Etat français et les arrérages ser-
viront à l’acquisition d’objets destinés à en-
richir le musée.

*** Par arrêté du ministre de l’Instruction
publique et des Beaux-Arts en date du 16 fé-
vrier 1914, la chaire d’histoire de la Bour-
gogne et de l’art bourguignon, à la Faculté
des lettres de l’Université de Dijon, est dé-
clarée vacante.

Un délai de vingt jours, à partir de la pu-
blication du présent arrêté, est accordé aux
candidats pour produire leurs titres.

*** Un des plus beaux portraits dus à
Holbein, celui de Thomas Cromwell, minis-

tre de Henri VIII, qui depuis trois siècles se
trouvait en possession d’une famille anglaise,
les Caledon, à TittenhangerPark, vient d’être
vendu par lord Caledon à la maison Agnew
de Londres, -pour une somme qui approche,
dit-on, du million.

Le Budget des Beaux Arts

La discussion du budget des Beaux-Arts a été
plus écourtée encore que d’habitude. La Chambre
ayant supprimé toute discussion générale, il n’y a
eu que quelques observations présentées au fur et
à mesure que les chapitres étaient votés. Elles ont
presque toutes porté sur des sujets déjà connus,
sur des problèmes posés depuis longtemps et tou-
jours sans solution.

C’est ainsi qu'on a signalé la situation déplora-
ble où so trouve l’Ecole des Arts décoratifs où rien
n’a été aménagé, rien n’a été modifié pour amélio-
rer un état que tout le monde connaît. On a récla-
mé de même en faveur du transfert du musée du
Luxembourg, dont nous parlions récemment. On a
parlé de l’autonomie de la manufacture de Sèvres,
qui est l’objet d’un projet de loi, et on se demande
s’il y a lieu d’étendre l’autonomie aux autres ma-
nufactures nationales. On a annoncé une fois en-
core que la question du Mont-Saint-Michel, qui n’est
pas réglée, le serait, et l’on a fait prévoir que les
administrations des Travaux publics et des Beaux-
Arts étaient près de s’entendre. On a réclamé, pour
les fouilles archéologiquis opérées dans notre pays
un contrôle qui va être organisé.

Nous parlons dans le Propos du Jour des deux
autres questions étudiées : celle du Musée Rodin
et celle du Jeu de Paume.

PETITES EXPOSITIONS

Exposition des Projets de la nouvelle monnaie

DE NICKEL

(Musée de la Monnaie)

Les artistes semblent, pour la plupart, avoir été
comme hypnotisés par le trou circulaire qui
s’ouvre au milieu de cette pièce. Les uns l’ont en-
touré d’ornements, à gauche et à droite, en haut et
en bas ; et encore leurs ornements sont-ils tiré»
des vieux magasins à accessoires républicains : le
bonnet phrygien, le faisceau de licteurs, voilà ce
que nous trouvons partout. M. Vernier a trans-
formé ce trou en un soleil radieux, mais ses attri-
buts restent un peu dispersés. D’autres, comme
M. Coudray, ont profité de ce cercle pour faire
décrire par un personnage une courbe élégante et
il a, sur cette circonférence intérieure, à demi
couché une femme allaitant. S'il nous fallait voter,
notre voix irait sans doute à M. Prouvé; ce n’est
pas que son ouvrier qui symbolise le travail soit
une conception fort nouvelle, mais cette médaille
est plus heureusement composée et plus largement
exécu ér. A côté de monnaies qu’un usage bref
priverait de leur fleur, celle-ci, par le traitement
plus vigoureux des plans, semble devoir garder
plus longtemps sa beauté. Son défaut est peut-être
que le sujet est un peu grand pourle modèle réduit.
loading ...