La chronique des arts et de la curiosité — 1914(1916)

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N" 4. — 1914.

BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6')

24 Janvier.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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Xj© IEnTuméro O fr. 25

PROPOS DU JOUR

S’est un thème à combinaisons in-
génieuses que celui des échanges
d’œuvres d’art. Le retour de la
Joconde Ta remis en faveur, et
Ton voit que les imaginations se donnent
carrière. Avec un peu d’histoire, un peu de
fantaisie et un peu de mémoire des musées,
on peut se livrer au jeu le plus subtil. Les
galeries d’Europe sont pleines d’ouvrages
■incomplets, de fragments venus de loin, et
l’on peut rêver de multiples arrangements qui
rapprocheraient ce que l’art avait créé et ce
que le hasard a séparé.

Mais on se ferait illusion si Ton croyait
qu’il y ait là une méthode véritable, à laquelle
l’avenir promette de recourir. Sans doute,
il y de charmants précédents. On se rappelle
que l’empereur d’Allemagne a rendu le buste
de Jeanne de Balzac à un collectionneur qui
en avait besoin pour reconstituer un en-
semble historique, et Lyon a rendu de même
le buste de Robert de Montai. Le prestige
même qu’ont gardé ces événements artisti-
ques en atteste le caractère exceptionnel. Des
solutions aussi élégantes sont parfois pos-
sibles, et elles ne laissent pas de supposer
des circonstances rares. Il faut que le posses-
seur cl’une œuvre d’art puisse s’en défaire
sans rien diminuer de l’intérêt des séries
qu’il a rassemblées, il faut qu’il ait le senti-
ment de faire un sacrifice dans des condi-
tions qui le lui rendent plus facile et qui en
font apparaître l’intérêt privilégié : tel a été
le cas de Montai.

On s’abuserait en croyant que beaucoup de
restitutions pourront se faire sans dilapider
■le patrimoine d’un musée. Toutes les galeries
qui détiennent des fragments de sculpture
.grecque les gardent comme des trésors pré-

cieux, et ne songent pas à honorer la déesse
de l’Acropole en rapportant tout ce qu’ils ont
dérobé à ses monuments. Berlin ne songepas
à renvoyer à Gand les panneaux du grand
retable de van Eyck, et Paris n’a pas de rai-
son d’abandonner le Gentile da Fabriano.
Des événements multiples et complexes, des
trouvailles heureuses, des achats, des traités,
des guerres ont créé pour chaque musée un
état de fait. Qui pourrait prendre la respon-
sabilité de corriger l'histoire, d’aliéner ce qui
est propriété nationale ? On ne verra pas
dans le monde beaucoup de restitutions
spontanées : celles qui pourront se faire dans
des circonstances exceptionnelles n’en auront
que plus d’éclat et de retentissement dans le
monde des arts.

NOUVELLES

*** Par décret du président de la Républi-
que en date des 16 et 21 janvier, rendu sur la
proposition du ministre de l’Instruction publi-
que et des Beaux-Arts, ont été promus ou
nommés dans l’ordre national de la Légion
d’honneur :

Au grade d’officier : M. Henri Le Sidaner et
Mra« Virginie Demont-Breton, artistes pein-
tres; MM. Camille Erlanger, compositeur
de musique ; Valentino, chef de division au
sous-secrétariat d’Etat des Beaux-Arts;

Au grade de chevalier : Mme Sarah Bernhardt,
artiste dramatique ; Mme Vallet-Bisson et
M. Ernest Filliard, artistes peintres ; MM.
Paul Roussel, statuaire; Jacques Beltrand et
Léonard Jarraud, graveurs; Charles Lema-
resquier, architecte ; Louis Ganne et Rey-
naldo Hahn, compositeurs de musique ;
Edouard Borchard, artiste peintre, inspec-
teur de l’enseignement du dessin et des
musées.

Par un autre décret en date du 10 janvier,
rendu sur la proposition du ministre des
Affaires étrangères, sont nommés chevaliers
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