La chronique des arts et de la curiosité — 1914(1916)

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N-13. — 1914.

BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6')

28 Mars.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS

PARAISSANT LI SAMEDI MATIN

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PROPOS DU JOUR

A Chambre a pu récemment prendre
connaissance du rapport qui a été
5^ rédigé au nom de la Commission
CiJ» de l’Enseignement et des Beaux-
Arts et qui a pour objet de frapper d’un droit
au profit des artistes les ventes publiques
d’objets d’art. Cette question est bien connue
de nos lecteurs, et c’est souvent que la Chro-
nique a eu à s’on occuper. Tout le monde est
d’accord pour regretter le contraste manifeste
entre les prix élevés qu’atteignent certaines
œuvres d’art et la médiocrité delà condition,
parfois la misère, de l’artiste qui les a créées.
Tout le monde est d’accord pour rechercher
les moyens de faire profiter l’artiste, dans une
certaine mesure, de la plus-value dont profi-
tent seuls les collectionneurs et les marchands.

Les difficultés commencent quand on veut
passer à la pratique et quand on cherche les
moyens d’établir un droit : elles sont d'ordre
juridique et d’ordre économique. Gomment
définir ce droit? Gomment trouver un mode
de perception qui soit commode et sûr ? Gom-
ment déterminer exactement ce qui est objet
d’art afin que la perception de ce droit ne
soit pas opérée quand il s’agit d’objets d’ordre
purement commercial? On a discuté d’abord
la légalité d’un texte qui donnait un véritable
droit de suite sur un objet mobilier. On s’est
demandé ensuite si une mesure, qui, en fait,
rencontrerait de multiples difficultés, était
matériellement applicable. C’est tous ces
aspects de la question qu’examine le rapport
récemment soumis au Parlement.

Le rapporteur propose la constitution d’une
Société d’artistes comparable, mais non sem-
blable, à la Société des Gens de lettres ou
des Auteurs dramatiques et qui pourra agir
au lieu et place des artistes. Il prévoit qu’en

l’absence de l’artiste ou de ses héritiers, la
Société, dont les statuts seront agréés et les
comptes inspectés par le gouvernement, pourra
agir en leur nom. Très différente de la
Société des Gens de lettres, qui ne peut agir
qu’au nom de ses adhérents, la Spciétè d’ar-
tistes aurait une sorte de mandargénéral, et
les artistes seraient des sociétaires présumés.
Cette conception est certainement neuve en
droit. Si attrayante qu’elle soit, et si com-
mode qu’elle puisse être par sa hardiesse
même, elle réclamera un examen approfondi
et rien ne prouve que la Chambre veuille al-
ler aussi loin que le rapporteur de la Com-
mission. Le problème si délicat et si com-
plexe n’est pas encore près de recevoir de so-
lution. Mais il l’attend depuis si longtemps
que les artistes préféreront encore, au prix
d’un nouveau délai, une étude complète et
une solution pratique.

NOUVELLES

*** Par décret, le ministre de l’Instruc-
tion publique et des Beaux-Arts, au nom
de l’Etat, est autorisé à accepter pour le
musée du Louvre, avec le portrait de M.
Delort de Gléon, par Gérôme, un buste en
marbre par Gasq, les cuivres arabes, armes,
verres émaillés, céramiques, ivoires, étoffes,
bijoux, bronzes et œuvres d’art, les armoires,
vitrines, vitraux, plafonds, boiseries, décora-
tions, meubles et immeubles par destination
laissés à cet établissement par Mme Delort de
Gléon, sous condition que le musée fera ins-
taller au palais du Louvre, dans le délai
d’une année à compter du présent décret, une
salle arabe portant le nom de « salle Delort
de Gléon », où seront groupés tous les objets
légués au Louvre.

Le ministre de l’Instruction publique et des
Beaux-Arts, au nom de l’Etat, est autorisé à
accepter les 100.000 francs légués au musée
du Louvre, avec leur affectation, aux frais
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