La chronique des arts et de la curiosité — 1914(1916)

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N* 24. — 1914.

BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6»)

13 Juin.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS

PARAISSANT L* SAMÏDI MATIN

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T_,m Numéro : O fr. 25

A partir d’aujourd’hui jusqu’à décembre,
la CHRONIQUE ne paraîtra plus que tous
les quinze jours, suivant l’usage.

Le prochain numéro portera la date dn
"î jnin.

PROPOS DU JOUR

N amateur connu par son goût et
sa science vient de donner au
Louvre, par un acte régulier,
quelques-unes des plus belles œu-
vres qu’il avait rassemblées. On en trouvera
plus loin la nomenclature. Il en garde l’usu-
fruit, mais dès à présent il a choisi celles
qui seront réparties, selon leur nature, dans
les divers départements du musée. Ce qu’on
aime à louer ici, ce n’est pas seulement la
générosité, qui heureusement n’est point rare
et dont le Louvre atteste la tradition chez nos
collectionneurs. C’est aussi la forme particu-
lière du don et la liberté qui est accordée
aux conservateurs.

On sait que les donateurs souhaitent sou-
vent que les collections laissées par eux au
Louvre continuent après leur mort de com-
poser un ensemble et occupent une salle
spéciale. L'administration a cru devoir par-
fois accepter ces conditions, en raison de l’in-
térêt et de la valeur des ouvrages ainsi légués.
Mais elle n’a jamais caché les difficultés qui
en résultent. La constitution d’ensembles
intangibles est un obstacle grave aux classe-
ments méthodiques qui sont nécessaires dans
un grand musée. Si les donations faites sous
cette forme spéciale se multipliaient, le
Louvre deviendrait vite une série de salles
ayant chacune une sorte d’unité artificielle,
mais n’ayant entre elles aucun lien. Gom-
ment offrir aux visiteurs, aux artistes, aux
historiens, l’image d’une époque, comment
faire saisir le développement et la filiation

des écoles, si les peintures, les sculptures, les
objets décoratifs se trouvent dispersés aux
quatre coins d’un musée monumental?

Aussi faut-il reconnaître une précieuse
discrétion dans les vœux des donateurs
qui ne se contentent pas de compléter
les séries du musée, mais qui pensent à
l’avenir, aux devoirs des conservateurs, et à
l’intérêt historique des départements. Il s’en
est trouvé déjà quelques-uns, parmi ceux
précisément qui ont le mieux connu et le
mieux aimé le Louvre. Il s’en trouve encore,
et puisse leur exemple être imité. Sans doute
ils ne pourront pas penser que leur nom ser-
vira de titre à une salle entière, et ils se pri-
vent d’une auréole. Il leur faut sans doute
quelque effort pour ne pas céder à un désir
de gloire qui est très humain. Mais, par cette
totale abnégation, ils servent bien le musée.
Et le visiteur, voyant plus tard dans le cata-
logue ou sur une pancarte le nom du collec-
tionneur, aura, pour peu qu’il connaisse le
musée, une pensée reconnaissante à l’égard
du donateur qui a mis tant de grâce modeste
dans la façon de donner.

NOUVELLES

*** Par décret en date du 1er juin 1914, le
nombre des membres de droit du Conseil su-
périeur des Beaux-Arts a été porté de vingt-
trois à vingt-quatre.

Par arrêté en date du 1er juin 1914, M. Hé-
brard de Villeneuve, président de la section
de l’Intérieur, des Cultes, de l’Instruction pu-
blique et des Beaux-Arts au Conseil d’Etat, a
été nommé membre du Conseil supérieur des
beaux-arts.

*** On vient d’installer dans la grande ga-
lerie du Musée des Beaux-Arts de la Ville de
Paris, au Petit-Palais, un tableau de Tou-
louse-Lautrec, Portrait de M. Rivoire, offert
par M. Théodore Duret.
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