La chronique des arts et de la curiosité — 1914(1916)

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ET DE LA CURIOSITÉ

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lion, des, vestiges de l’ancien Paris. Il s’agit,
en résumé, de créer un inventaire aussi par-
fait que possible résumant exactement l’état
archéologique de Paris à l’époque actuelle.

*** Une charmante devanture de boutique
du xvuT siècle qui ornait l’immeuble du
quai Bourbon, 3, a été enlevée il y a quel-
ques mois, acquise, dit-on, par un antiquaire
pour le compte d’un particulier.

Tl’ est regrettable — dit avec raison M. J.
Mayor, auteur d’un article paru dans le
Temps (2 février dernier) — que cette œuvre,
dfe travail le plus délicat, n’ait pas été classée
et n’ait pas été acquise par les collections
municipales.

*** Chronique du vandalisme.

La municipalité de La Rochelle est en
train de détruire les admirables remparts de
cette ville. La moitié du front Ouest a
déjà disparu sous la pioche des démolis-
seurs..

*** On a découvert l’an dernier dans l’église
de Gréville (Manche), cachée derrière un re-
table, une Vierge en. pierre du xive siècle,
haute de 1 m. 80, qui a été aussitôt, classée,
comme monument historique.

*** Des incendies ont détruit, en février
dernier, près du Mans, l’église de la Chapelle
Saint-Aubin, datant du xm° siècle; — en
avril, la cathédrale d’Andria, classée parmi
les monuments nationaux; — ce mois-ci,
à Avignon, l’ancien couvent des Célestins,
ou cependant la chapelle, datant du Moyen
âge et classée parmi les monuments histo-
riques, a pu être préservée.

Enfin, les journaux allemands ont annoncé
que dans la nuit du 23 au 24 avril dernier
l’hôtel de ville de Lille, reconstruit en 1846
sur l’emplacement de l’ancien château de
Rihour, agrandi au xvc siècle par Philippe
le Bon et dont il ne subsistait plus dans l’édi-
fice moderne, que l’ancien escalier, a été dé-
truit par un incendie. La salle dite du Con-
clave contenait d’anciennes et précieuses
boiseries. Un correspondant berlinois d’un
journal de Copenhague mande que les meu-
bles anciens, les tableaux et objeis d’art his-
toriques ont été détruits, mais qu’on a pu
sauver les volumes lès plus précieux de la
bibliothèque.

*** Le 10 juin dernier a été inaugurée à
Toulouse, dans la grande salle du musée,
au profit de l’œuvre toulousaine des Orphe-
lins de la guerre, une exposition de tapisr-
series et de pièces de mobilier du Garde-
meuble national, choisies parmi les œuvres
envoyées avec celles des musées nationaux,
dans cette.ville.au début de la guerre.

Les Enrichissements des Musées nationaux
et des Musées municipaux

La. guerre” n'a pas interrompu les libéralités en
faveur de nos musées. Lapremière en date est celle
dont bénéficia le Louvre dès la fin d'août 1914 par
suite de la mort du baron de Schlichting, l'ama-
teur russe bien connu, qui lui avait légué sa ma-

gnifique collection, universellement réputée et es-
timée près de cent millions, d'objets d’art, de
bronzes, de meubles et de tableaux, parmi les-
quels nous citerons : des toiles de Giovanni Bel-
lini, de Titien, du, Sodoma.de Léonard de Vinci,
de Rubens (ixion), de Frans Hais [Le Peintre
ambulant), de Greuze, de Drouais (La Princesse
deCondé), de Boucher (Æf®* de Pompadour), un
Portrait de Charles IX qui figura à l’Exposition,
des Primitifs français en1904, une statue de jeune
homme en marbre, attribuée par les uns à Sanso-
vino, par d’autres à Michel Ange jeune, une
grande statue de marbre de Mercure par Pajou,.etc..

En 1915, le Louvre s’est enrichi d’un grand ta-
bleau dès Lenain, Réunion de famille, provenant'
de la vente du marquis de M. [Marinier],, qui va
dominer par son importance le magnifique ensem-
ble d’œuvres rustiques des mystérieux artistes
déjà possédé par le musée. Cette acquisition a été
faite sur les fonds du legs Pernolet.

On peut signaler parmi les dons et legs faits au
musée pour le département des, peintures et des
dessins en 1915 et 1916 : un charmant Portrait
de femme, de Mme Vig.ée Le Brun, et un dessin de
Prud’hon, donnés par M, Charles Rivière; — le
Portrait de la comtesse de Loynes par Amaury-
Duval, légué par M. Jules Lemaître; — un ta-
, bleau de Turner, La Tamise et la Medway, légué
par lady Pirbright.on souvenir de son mari; — le
Souffleur de Chardin (portrait présumé d’Aved.),,
légué par M. Paul Bureau, en même temps que
deux paysages de son frère, Pierre Bureau : Che-
min montant et Les Bords de l’Oise (clair de
lune) qui a figuré à la Centennale de 1900 ; — le
Portrait de M. Achille Joyau, architecte, exécuté
par Henner à la villa Médicis en 1863, iégué par
M. Amédée Joyau; — un Portrait de Mm‘ Beulé,
à la mine de plomb, par Cabanel, légué par son
fils M. Karl Beulé, et deux dessins d’Édouard
Bertin, Les Marais pantins et Campagne romaine,
offerts par M”e Léon Say, M”* Patinot et M. Ar-
mand Bapsten souvenir de leur tante, Mm’ Edouard
: Bertin.

Rappelons le legs émouvant de M. Pierre Gou-
jon, député, tué à l’ennemi le 25 août 1914, qui, par
testament rédigé au début d’août, à la veille même
de son départ, a laissé au Louvre un tableau de
Ribot (La Revaudeuse) et deux aquarelles de
Barye, et au musée du Luxembourg deux tableaux
| par Toulouse-Lautrec et Van G'oyh.

M. René de Sàint-Marceaux a, de son côté,légué
au musée du Louvre, avec réserve d’usufruit au
profit de sa femme, un Portrait du cardinal
Charles de Lorraine par un peintre vénitien du
| xvi' siècle, en même temps qu’un médaillon en
; marbre représentant Alphonse d’Aragon, roi de
Naples, et un régulateur du xviii' siècle.

Enfin, M. Adolphe Jullien a donné au Louvre,
sous réserve d’usufruit personnel; l’important, ta-
bleau de Fautin-Latour Autour du piano et, son.
portrait par le même artiste.

A ces dons ou legs se sont ajoutés récemment.:
un intéressant dessin de Gustave Courbet, repré-
sentant sa sœur Juliette enfant, donné par M. Er-
nest Courbet ; trois miniatures de Joseph Leroy,
offertes par M. Martin-Leroy, son petit-fils, et
surtout le précieux don de: M. Raoul Duseigneur,
comprenant un ensemble choisi d’objets d’art (sta-
tuette en bois représentant sainte Barbe, plat itas-
1 lien de Faenza, plat hispano-mauresque,, pot de
faïence italienne aux armes des Médicis, flambeau
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