La chronique des arts et de la curiosité — 1914(1916)

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ET DE LA CURIOSITÉ

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testament à l’Académie des Beaux-Arts des
valeurs pour la fondation d’un prix qui por-
tera le nom de son père, Paul Héneux, et
« qui sera donné, au concours, sur projet de
décoration, à un élève pauvre de l’Ecole des
Beaux-Arts ».

Mm* la vicomtes e de la Redorte, en mé-
moire de sa fille, a fait à la même Académie
le don d’une somme de 100.000 francs, des-
tinée à une fondation en faveur des logistes
musiciens de Compïègne.

M. Karl Beulé a légué également à cette
Académie une somme de50.000 francs « dont
les arrérages serviront à constituer une
bourse de voyage destinée à un peintre non
encore récompensé, s’étant déjà fait remar-
quer comme orientaliste ».

Mme la marquise Arconati-Visconti a mis
à la disposition de l’Académie des Inscrip-
tions la somme nécessaire pour fonder un
prix triennal de 3.000 francs destiné à en-
courager l’art et l’archéologie de l’Espagne
depuis l’origine jusqu’à la fin du xvT siècle.
Cette récompense devra porter le nom de
« prix Raoul-Duseigneur », l'archéologue
récemment décédé qui a fait don de ses
collections au musée du Louvre.

Par décret en date du 20 avril dernier,
l’Ecole des Beaux-Arts est autorisée à accep-
ter la donation de la somme nécessaire pour
constituer, en rentes sur l’Etat français, un
revenu annuel de 1.000 francs, faite par M.
Levylier, chef d’escadron de cavalerie en re-
traite, en souvenir de son fils, mort au champ
d’honneur. Les arrérages de cette rente ser-
viront à la fondation d’un prix qui portera le
nom de « prix Paul-Levylier ».

Par décret en date du Ï8 mai 1916, l’Etat est
autorisé à accepter, pour l’Ecole nationale
des Beaux-Arts de Dijon, une rente annuelle
de 60 francs, offerte à cette Ecole par M.
Lombart, ancien avocat, et dont les arrérages
seront employés à la fondation d’un prix
annuel destiné à récompenser l’élève le plus
méritant du cours d’architecture de cette
Ecole.

M. L.-C. M. Tranchant a légué au service
des Monuments historiques, avec deux par-
celles de terrain faisant partie de l’enceinte
extérieure du château de Chauvigny et du
château d’Harcourt (Vienne), divers objets
(écussons, empreintes de sceaux, vues de
Ghauvigny, etc.) se trouvant en dépôt dans
ce dernier château.

Mme veuve G-aridel, née Allègre, décédée en
janvier 1915, a institué le musée municipal
de Bagnols-sur-Cèze (Gard) son légataire uni-
versel.

Le D1’ Millard a légué à la Ville de Troyes
150.000 francs pour sa bibliothèque et son
musée.

Le Dr Louis Baillif, décédé récemment, a
légué sa collection d’œuvres d’art à l’Union
Centrale des Arts décoratifs, sauf le bronze
« Quand même! », de Mercié, qu’il lègue au
127e régiment d’infanterie, en garnison à Va-
lenciennes.

Enfin, un don anonyme de 1.000 francs a
été fait, en avril dernier, à M. Besnard, di-
recteur de l’Académie de France à Rome,
pour la Villa Médicis.

*** Le plus élégant des palais du Grand
Canal à Venise, la « Cà d’Oro », vient d’être
offert avec tout ce qu’il contient par son pro-
priétaire, le baron Georges Franchetti, à
l’Etat italien, qui a accepté ce don. Au nombre
des œuvres d’art qui décorent ce palais figu-
rent un Saint Sébastien de Mantegna, une
Vénus de Titien, une Vénus endormie de
Paris Bordone, une Flagellation du Christ de
Luca Signorelli, deux Vues de Venise par
Guardi, un Portrait de gentilhomme par Van
Dyck, un buste de jeune homme par Fran-
cesco Laurana, etc.

*** M. Charles Holmes, directeur, depuis
1909, de la National Portrait Gallery, à Lon-
dres, vient d’être nommé directeur de la
National Gallery.

*** Le musée de Berlin vient de s’enrichir
d’une admirable statue grecque en marbre du
vie siècle av. J.-C., représentant une déesse
que l’absence des mains qui tenaient les
attributs ne permet pas d’identifier. Sauf
cette mutilation et quelques dégradations au
dossier du trône où elle est assise ainsi qu’au
tabouret sur lequel elle pose les pieds, la sta-
tue est parfaitement conservée. Elle offre
le type traditionnel des Korès provenant du
premier Parthénon et conservées au musée
de l’Acropole à Athènes. Trouvée, dit-on, en
Sicile, elle avait été apportée avant la guerre
à Paris chez un antiquaire bavarois qui avait
un pied à terre rue Saint-Honoré. Celui-ci
ayant pris la fuite dès la déclaration de guerre,
la statue fut mise sous séquestre; mais ce sé-
questre ful'tlevé — un peu à la légère, sem-
ble-t-il,— sur la présentation par un anti-
quaire italiendepapiers établissant qu’il était
propriétaire de la statue. De Paris, celle-ci
passa en Suisse d’où elle prit tranquillement
le chemin du musée de Berlin.

*** La collection de porcelaines de feu
Pierpont Morgan, estimée dix-huit millions,
a été achetée par la maison Duveen, de Lon-
dres, opérant pour le compte d’un syndicat
d’amateurs. De même, les célèbres Fragonard,
provenant de Grasse, qui faisaient partie de
cette collection, ont été vendus l’an dernier en
Angleterre pour la somme de 285.000 livres
sterling (7.125.000 francs).

Enfin, M. J. Pierpont Morgan vient de ven-
dre également à la maison French, pour une
somme dépassant deux millions de dollars
(plus de douze millions de francs au cours
actuel) quarante tapisseries anciennes pro-
venant des collections de son père, savoir :
une tapisserie française du xme siècle, la
belle pièce Le Calvaire de la fin du xv° siècle
provenant de la vente Dollfus, la suite de
tapisseries gothiques provenant du château
de Knole en Angleterre, qu’on a admirées à
Paris il y a quelques années, trois tapisseries
de Beauvais à sujets tirés de Molière d’après
Oudry, quatre tapisseries des Gobeljns d'après
Coypel à scènes de Don Quichotte, etc. Un
amateur, M. J.-E. AVidener, a racheté une
des plus belles parmi ces pièces, Le Triomphe
du Christ, de la fin du xv* siècle, pour la
somme de 600.000 dollars.
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