Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 12.1862

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L'ENSEIGNEMENT DES ARTS

IL Y A QUELQUE CHOSE A FAIRE

II

On nous fera l'objection que l'on adresse à tous ceux qui critiquent
ce qui se fait; on nous dira : « Que proposez-vous? Quel est votre pro-
gramme?... » Nous y arriverons avec un peu de patience, mais, je le
répète, il faut d'abord faire connaître l'étendue du mal. Plus les moyens
d'appren'dre sont variés et abondants, plus l'enseignement doit préciser
ses méthodes, choisir avec rigueur, mais aussi moins il doit être exclusif.
En effet, il n'est pas de corps enseignant, si puissant qu'on le suppose en
France, qui ait le pouvoir d'interdire à la jeunesse de voir et d'entendre,
de la tenir en charte privée. Les musées, les monuments, les publications
sont à la portée de tous; on ne saurait empêcher de visiter les uns, de
lire ou d'examiner les autres. Au milieu de tant de productions diverses,
d'objets d'art de tous les temps et de tous les pays, ce qu'il importe,
c'est de former le goût des jeunes gens, d'éclairer leur esprit, afin qu'ils
puissent choisir ce qu'il y a de meilleur ou ce qui convient le mieux à la
nature de leur talent. L'homme dont le goût est sûr découvre le beau
partout où il se trouve, même en germe; la médiocrité seule lui répugne.
Or, le goût ne se forme que dans certaines conditions qui varient suivant
le temps. Pour développer leur goût, les Grecs de l'antiquité n'avaient
besoin que d'ouvrir les yeux et les oreilles. Le beau était en honneur
chez les Hellènes, le beau physique et le beau moral. Dans leur voisinage
ils n'avaient guère que des civilisations chez lesquelles l'art était une
affaire majeure, une préoccupation sérieuse et constante. Les éléments
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