Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 21.1866

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CHEFS-D'ŒUVRE DES GRANDS MAITRES

REPRODUITS EN COULEUR PAR F. KELLERHOVEX

d’après de nouveaux procédés

Texte par Alfred Michiels. — Paris, Didot et Ce, éditeurs, 56, rue Jacob. 1865,
In-folio maximo; figures.

orsqu’au commencement de ce siècle parut la célèbre Iconographie grecque
et romaine, tout était préparé pour accomplir cette belle et grande publica-
tion. Depuis la renaissance des lettres et depuis la naissance de la critique
moderne, le zèle ainsi que les recherches des savants, des artistes, comme
aussi des littérateurs, s’étaient portés exclusivement vers l’antiquité grecque et romaine.
Les textes, proprement dits, avaient été le premier, le principal objet de ces investiga-
tions. La critique des monuments vint ensuite. L’archéologie se forma en marchant de
pair avec l’étude de l’art lui-même. Visconti succédait immédiatement aux Montfaucon,
aux Cavlus et aux Winckelmann. Toute une légion d’artistes, disciples fervents de
l’Antique et doués personnellement de la plus haute valeur propre ou individuelle, se
trouvaient prêts, pour dessiner les monuments avec toute l’aptitude et tout le talent
désirables. Parmi ces auxiliaires d’élite, qu’il suffise de nommer l’illustre M. Ingres.
La gravure sur cuivre, sobre et grave, le grand burin français des Édelinck et des
Audran, tenu ou continué par la main des Massart et de tant d’autres, en fut le digne
interprète. U Iconographie, commencée dans les dernières années du premier empire,
se termina vers \ 826.

Entre cette époque et le moment où nous écrivons, quarante années se sont écou-
lées. Quels sont ces chefs-d’œuvre des grands maîtres, qui forment le sujet de l’im-
portante publication à laquelle est consacrée la présente notice ? Ce titre seul et l’expli-
cation qu’il appelle disent assez le notable changement qui s’est opéré depuis cette
période, dans la préoccupation des esprits, en ce qui concerne l’histoire de l’art. Ces
chefs-d’œuvre sont les productions de l’art gothique, de la peinture gothique, si dé-
daignés à l’époque où florissaient les Montfaucon, les Winckelmann et les Visconti. Et
les auteurs de ces œuvres, naguère si négligées, sont publiquement désignés aujour-
d’hui à l’intelligence des amateurs, sans autre commentaire, sous le titre de grands
maîtres ! Nous ne contredirons pas, pour notre part, à Y affirmation remarquable
qui résulte de cette prêter mission.

Ajoutons seulement un dernier trait comparatif. Les chefs-d’œuvre des grands
■maîtres ont aujourd’hui tes mêmes éditeurs qu’eut jadis Y Iconographie. Le promoteur
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