Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 21.1866

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BULLETIN MENSUEL

NOVEMBRE 1866

Encore le Christ du Palais de justice. — Lettre inédite de Passavant. — Date du tableau.
— Exposition de la Société archéologique de Sens.

Le tableau du Christ en croix dont parlait notre dernier bulletin est allé reprendre
sa place au Palais de justice, où l’appelait, à jour fixe, la rentrée des cours et
tribunaux. Espérons qu’il n’y restera pas longtemps. Après l'avoir lavé et nettoyé, il
faut encore le vernir : cette opération, prudemment reculée de peur de compromettre
le succès de la première, exigera un nouveau déplacement. Alors, peut-être, nous
accordera-t-on l’exposition publique désirée par tous les amis de l’art, à moins que
l’administration des Musées impériaux ne revendique pour le Louvre une œuvre qui,
en définitive, appartient à l’État.

Quelques renseignements doivent s’ajouter aux détails que j’ai donnés. Et d’abord,
une rectification est nécessaire. J’ai dit que ni M. Waagen, ni M. Passavant, n’avaient
point connu leChrist en croix du Palais de justice. M. Waagen, au contraire, le décrit
comme un tableau de Memiing1, en observant que « le dessin assez faible des pieds
et même des mains reporte cet ouvrage à la jeunesse du peintre. » Passavant n’a rien
imprimé à ce sujet. Mais je dois à l’obligeance de M. Taillandier la communication
d’une lettre inédite dans laquelle le critique allemand exprime et motive son
opinion.

« Quant au tableau attribué à Jean Van Eyck qui se trouve à la Cour royale, je
x n’ai pas encore eu l’occasion d’en parler publiquement. Du reste ne saurai-je dire
« autre chose que ce que contient votre intéressante communication que vous avés eu
« la bonté de me faire parvenir. J’ajouterai seulement que ce précieux tableau n’est ni
« des Van Eyck, ni de Rogier de Bruges ou de Rogier Van der Weyden, ni de Jean
« Memiing, mais bien d’un maître très-distingué de l’école des Van Eyck. Peut-être que
« c’est un ouvrage de Hugue Van der Goes, le ton des chairs, qui tire au brun dans
« les ombres, un certain naturalisme dans les airs de tête et dans le dessin, la manière
« dont sont traités les vêtements, répondent assés au seul tableau authentique connu de
« ce maître, qui se trouve dans l’église de Santa-Maria-Nuova, à Florence, fait pour
« Thomas Portinari, et que j’ai encore eu occasion de contempler il y a peu de jours.
« Voilà, Monsieur, tout ce que je puis ajouter à vos savantes recherches à ce sujet.
« Mais je m’adonne à l’espoir qu’un heureux hazard vous fera trouver le nom de l’au-

1. Manuel de T histoire de la peinture. Tome I, page 145. Le commencement de l’alinéa manque
complètement. De là-mon erreur. . -
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