Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 21.1880

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LE

MUSÉE DE LA SCULPTURE COMPARÉE

AU TROCADÉRO

Nous sommes vraiment une nation
d’un caractère bien original et singu-
lier. Il est sans contredit très peu d’idées
grandes et révolutionnaires, de décou-
vertes utiles et fécondes, dont nous ne
puissions revendiquer à bon droit la
priorité et l’inspiration première; mais
nous avons su bien rarement les appli-
quer chez nous : l’étranger nous a tou-
jours devancés sur ce point. A l'affût de
tout ce que nous inventons les premiers,
il s’en empare avec empressement, et
le plus souvent, après l’avoir trans-
formé, modifié ou simplement adapté,
il nous le renvoie comme son bien
propre. Ainsi l’on s’étonnera certaine-
ment, dans la presse et dans le monde
des arts, de voir organiser aujourd’hui
seulement en France une institution du
plus haut intérêt et de la plus grande
utilité, qui existe depuis longtemps à Londres, à Vienne, à Berlin : un Musée de la
sculpture comparée; et l’on aura raison. Eh bien, le projet de ce musée existe depuis
longtemps chez nous, et, s’il n’a point été mis à exécution plus tôt, la nonchalance et
l’incurie de l’administration des beaux-arts dans les premières années do l’Empire en
sont les seules raisons.

M. Viollet-le-Duc, peu de temps avant sa mort, écrivait, dans une note à M. le
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