Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 21.1880

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NOTES HISTORIQUES ET DESCRIPTIVES

SUR LE CASQUE

DEPUIS L’ANTIQUITÉ JUSQU’A NOS JOURS
(premier article)

es peuples de l’antiquité appliquèrent toutes
les ressources de leur industrie et mirent le
plus grand luxe dans la composition de leur
appareil de guerre. Us ne reculèrent pas même
devant l’emploi des métaux précieux et des
tissus magnifiques. Xénopbon, qui était un
grand amateur de belles armes, les considérait
comme les plus riches ornements qu’on pût
apporter à la sépulture d’un guerrier mort en combattant. Le moyen âge
et la Renaissance offrent de nombreux exemples du goût et de la richesse
apportés à la fabrication des armes offensives et défensives. Les grandes
armures des tournois du xv° siècle qui enveloppaient le cavalier et son
cheval dans l’acier gravé et repoussé, les armes d’apparat du xvie siècle,
ciselées et damasquinées en or, sont autant d’objets d’art merveilleux.

Alors il n’était pas de production de l’ingéniosité humaine qui ne
fût en même temps une manifestation de l’art. Et ce n’est pas là seule-
ment le propre de ces périodes artistiques ; car on observera que,
même chez les peuples les moins avancés en civilisation, ceux qui sont
loin d’avoir atteint le développement de notre industrie moderne, le
sentiment du beau se mêle toujours à la satisfaction d’un besoin maté-
riel. Le sauvage sculpte le manche de son poignard, en grave la lame ;
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