Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 21.1880

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VELAZQUEZ

(cinquième article1)

l’exception des coloristes, nous ne voyons pas que
l’étude des maîtres italiens ait exercé sur le tem-
pérament de Velâzquez aucune influence sensible.
Si, à les copier, ses pratiques s’élargissent et
gagnent en sûreté et en liberté, en revanche, ni
son sentiment intime ni son mode d’interprétation
n’en paraissent modifiés, encore moins troublés.
Ce que ces maîtres, sous l’empire d’autres mobiles
et dans d’autres milieux, ont conçu et exprimé, certes Velâzquez, autant
que personne, le comprend et l’admire; mais s’il doit traduire à son
tour ce qu’ils ont pensé et dit, il le dira autrement qu’eux. Ailleurs que
dans l’imitation du passé, il a placé son rêve d’art et son but, et à pour-
suivre la réalisation de son idéal, nous ne sentons pas, un instant, qu’il
faiblisse ou se démente.

Dans la Forge de Vulcain et la Tunique de Joseph, œuvres jumelles,
peintes d’un même jet, de la même palette et, particularité curieuse,
d’après les mêmes modèles, le parti pris de Velâzquez est décisif.

Tout ce qui, dans le Baco, ne se montrait encore qu’en germe, s’af-
firme ici, se systématise et prend définitivement corps. Inquiète de sin-
cérité, de moyens nouveaux d’expression, et surtout d’une observation
plus saine des lois du coloris, notre jeune école pourrait demander à
ces deux peintures la solution de quelques-uns des problèmes qui la préoc-
cupent, et en tirer plus d’une information ou d’un enseignement en
étroit accord avec ses aspirations.

1. Voir Gazette des Beaux-Arts, 2e période, t. XIX, p. 415, et t. XX, p. 229,
41 fi, et t. XXf, p. 122.
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