Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 21.1880

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

M. Sijthoff sont une réunion des œuvres de l’artiste parues pour la plu-
part antérieurement, en Hollande, en Allemagne, en Autriche, h diverses
époques et dans divers formats, exécutées séparément ou pour des publi-
cations spéciales, comme la Revue de Leipzig, de M. de Lützow, ou les
grands catalogues de ventes. Mais chaque planche est ici expliquée,
commentée par un texte de M. Vosmaer, texte plein de renseignements
précis et intéressants sur l’œuvre peinte ou dessinée, le sujet, le person-
nage représenté, le peintre lui-même, et sur la traduction gravée de
M. Unger.

L’impression, sur papier fort de Hollande, fait un réel honneur
à M. Sijthoff. Quant aux planches, leur tirage, dirigé par M. Unger
lui-même, est de la plus grande beauté. C’est ainsi que nous compre-
nons le soin qui doit être apporté à cette besogne, beaucoup plus diffi-
cile et beaucoup plus délicate qu’on ne le croit généralement, de l’im-
pression de la gravure en creux. C’est une tradition qui, chez nous,
écrasée par le poids d’une production immense, incessante et, hélas !
souvent inférieure, tend à se perdre. La masse des petits travaux cou-
rants nuit aux travaux sérieux. Cette concurrence à toute vapeur, cette
lièvre de production quand même qui s’est emparée de la librairie pari-
sienne, est tout au détriment des travaux soignés. Nous ne voulons pas
dire qu’on ne soit pas capable, qu’il n’y ait pas encore beaucoup de
gens capables de faire très bien; mais on commence à le vouloir trop
peu souvent : public, artistes, éditeurs, imprimeurs deviennent moins
exigeants. C’est le résultat fatal d’une production pléthorique. On ne se
préoccupe plus assez — et nous-même savons toutes les luttes qu’il faut
soutenir à ce propos — de la variété et de l’appropriation des papiers
à la nature de la planche, de la diversité des tons d’encre, des fluidités
et des colorations qu’un mélange bien choisi peut ajouter à une épreuve.
Nous avons été très raffinés en France; nous tendons à ne plus l’être
assez. Nous avons été les seuls et nous sommes encore les plus habiles
tireurs de burins et d’eaux-fortes, grâce à la vieille suprématie de
notre école de gravure; mais il n’est pas inutile de sonner la cloche
d’alarme, puisque l’occasion s’en présente. Prenons garde aux Anglais,
qui attirent nos bons ouvriers, aux Belges, qui étudient avec soin nos
procédés, aux Allemands et aux Autrichiens, qui font de continuels efforts
pour gagner du terrain.

En Autriche surtout, des résultats excellents, nous dirons même
admirables, sont acquis, grâce à un milieu favorable, aux progrès de la
gravure, secondée, d’une part, par le talent de M. Unger, de l’autre,
par les encouragements officiels, qui s’identifient en quelque sorte avec
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