Langlès, Louis Mathieu
Monuments anciens et modernes de l'Hindoustan décrits sous le double rapport archeologique et pittoresque: et précédés d'une notice géographique, d'une notice historique, et d'un discours sur la religion, la législation et les moeurs des Hindous (Band 1) — Paris, 1821

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4 NOTICE GÉOGRAPHIQUE.

« très loin le long de l'Hindoustân d'un côté, de l'autre vers le Tourân ( la
«Tatarie). L'Yrân (la Perse) est entre cette contrée et le Tchyn et le Mâ-
« tcliyn; et parmi ces cantons, il y en a de prodigieusement peuplés, tels que
«le Kachmyr, le grand et le petit Tibet, le Rehtouâr, et autres : au-delà
« s'étend une plaine semblable à la mer. » Cette description ne me paroit pas
différer beaucoup d'une autre tracée antérieurement, je crois, à l'époque où
vivoit Aboul-fazl, rédacteur de l'Ayïn Akbéry.

« L'Hinsdoustân est une vaste contrée très fertile : ses limites du côté de
« l'ouest, du midi, et de l'est, sont formées par le rivage de la mer; du côté
« du nord, une montagne l'unit à celle d'Hindoukech, au Kafrestân (pays
« des infidèles); et du Kétoùer aux montagnes du Kachmyr; du Kaboul à
« Ghiznéïn. Le Candaliâr est situé au nord-ouest de l'Hindoustân, qui depuis
« les temps les plus reculés a Delily pour capitale1. »

§. 2. Nom.

On a pu déjà remarquer, d'après la judicieuse observation de M. le major
Rennell, citée précédemment, que le nom Hindoustân n'est employé géné-
ralement par les Asiatiques occidentaux que pour désigner la partie supé-
rieure de la contrée dont nous nous occupons : on trouvera plus bas l'éty-
mologie et la signification du nom que porte parmi eux la presqu'isle. Le
mot Hindoustân présente de plus grandes difficultés ; nous allons exposer le
résultat de nos recherches; nous n'en sommes pas nous-mêmes très satis-
faits, et nous soumettrons à nos lecteurs nos propres conjectures avec la
défiance et la modestie qui nous conviennent.

C'est des Persans que les Grecs paroissent avoir reçu les premières notions
qu'ils aient eues de l'Inde, et leur mot Ivcîtcc est évidemment la transcription
des mots persans Hind et Hindy : la délicatesse de leurs organes détermina
souvent les Grecs à supprimer les aspirations des mots exotiques. Ces mots,
suivant quelques savants, sont la corruption du nom du Sind ou Indus ;

(i) Voyez le manuscrit persan, n° 107, fol. tatar , et traduits en persan par un nommé

i5o. Ce volume n'a pas de titre ; mais j'ai lieu Abdoul-rabym , d'après l'ordre d'Akbar. On y

de croire que, depuis le folio 89 jusqu'à la fin trouve des renseignements curieux sur l'Inde

folio i85, il renferme un fragment des Com- à l'époque de la conquête de cette contrée par

mentaires de Bâbour, écrits par lui-même en les Moghols.
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